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Une chenille gourmande de plastique pourrait nettoyer les océans

Une équipe de chercheurs a découvert que les larves de la fausse teigne de la cire dévoraient aussi le plastique.

Une équipe de chercheurs a découvert que les larves de la fausse teigne de la cire dévoraient aussi le plastique. - CSIC Communications Department

Utilisée pour la pêche, redoutée par les apiculteurs, la larve de la fausse teigne de la cire pourrait bientôt nettoyer les océans.

La larve de la fausse teigne de la cire (Galleria mellonella) est habituellement décriée pour les ravages qu’elle cause dans les ruches d’abeilles. Son blason pourrait pourtant être bientôt redoré, grâce à la découverte d’une chercheuse du Centre espagnol de la recherche nationale (CSIC).

Federica Bertocchini a découvert que cette chenille était capable de dévorer le polyéthylène, utilisé dans la fabrication de nombreux emballages polluants. Cette scientifique, également apicultrice amateur, a observé que les sacs en plastique dans lesquels elle plaçait les larves récoltées dans les ruches étaient rapidement criblés de trous.

Elle a alors demandé l'avis de Paolo Bombelli, co-auteur de l’article scientifique final publié dans Current Biology et chercheur à l’université de Cambridge, ce qu’il en pensait.

"Je lui ai dit: "Je pense que tu devrais peut-être utiliser des sacs plastique non biodégradables" et ça nous a fait rire", explique-t-il à CBC News.

Un an plus tard, Federica Bertocchini l’a recontacté pour lui dire que ça s’était reproduit, et qu’elle était quasiment sûre de ne pas avoir utilisé de sacs biodégradables.

Ils ont alors découvert que les chenilles ne faisaient probablement pas la différence entre le polyéthylène et la cire d’abeilles qu’elles dévorent habituellement. 

Mais les larves ne font pas qu’ingérer le plastique: elles le digèrent et le transforment en éthylène glycol. "L'une des prochaines étapes sera de tenter d'identifier ce processus moléculaire et de déterminer comment isoler l'enzyme responsable", expliquent à l'AFP des scientifiques à l’origine d’une découverte similaire au Royaume-Uni.

"S'il s'agit d'une simple enzyme on pourra alors la fabriquer à une échelle industrielle grâce à la biotechnologie", estime Paolo Bombelli.

L.A., avec AFP