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Trop gras, trop sucré... les moineaux aussi sont victimes de la malbouffe

Un moineau domestique.

Un moineau domestique. - Wikimedia - CC BY-SA 3.0

D'après les résultats d'une étude menée par le CNRS de La Rochelle, ces oiseaux des villes incorporent une nourriture trop grasse, ce qui met en danger le développement de leurs petits voire leur survie.

Depuis les années 80, des études ont montré que l’oiseau européen des villes (pigeon, moineau…) à tendance à se raréfier alors que ce volatile est une espèce abondante et urbaine par excellence. Pour éclaircir ce phénomène inquiétant, une équipe de chercheurs du Centre d’Etudes Biologiques de Chizé (CNRS de La Rochelle) a comparé plusieurs populations de moineaux urbains et ruraux. Les résultats, publiés récemment dans la revue Plos One, laissent à penser que le déclin de ces oiseaux est lié à la nourriture laissée par l’Homme, et de fait inadaptée au développement de leurs petits.

L’étude, qui a été menée auprès de 110 moineaux (68 adultes et 42 jeunes âgés de quelques semaines), capturés sur deux sites urbains et deux sites ruraux de la région Poitou-Charentes, avait ainsi pour objectif de déterminer si vivre en milieu urbain avait des répercussions sur l’état nutritionnel et la physiologie des volatiles.

L'oiseau urbain plus gras que le rural

Pour le démontrer, les experts ont réalisé des mesures morphologiques et physiologiques sur chaque oiseau, en évaluant la taille de leur bec, de leurs pattes et de leurs ailes, leur masse corporelle et la quantité de graisse au niveau du cou, indique le CNRS. Et les résultats sont éloquents: les oisillons urbains sont "significativement" plus gras que les ruraux, avec un score de gras moyen de 2.5 contre 1.9.

"Ces données suggèrent que les moineaux urbains ont une nourriture trop grasse. En effet, pour une bonne croissance, les oisillons doivent surtout incorporer des protéines, via l’ingestion d’insectes; or en ville, ils ont plus accès à des aliments gras issus des activités anthropiques", explique le biologiste Frédéric Angelier.

Par ailleurs, l’étude précise que les aliments gras que se procurent les oiseaux ne mettent pas en danger leur survie mais plutôt leur reproduction, ainsi que le développement et la survie de leurs petits. Mais, ce facteur n’est "pas le seul responsable", avertit Frédéric Angelier, "d’autres paramètres, pourraient aussi jouer de façon conjuguée, comme les pollutions sonore ou atmosphérique".

M.G.