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Reproduits à outrance, les Bouledogues sont en mauvaise santé 

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Les Bouledogues, Carlins, et autres chiens brachycéphales (à museau plat) ont la côte. Mais leur mode auprès des acheteurs pousse à certaines dérives.

Avec leur museau aplati et leur crâne à peine bombé, les chiens brachycéphales en font craquer plus d’un. Mais comme de nombreux chiens à la mode, ils sont parfois reproduits à outrance. De la même manière que les adeptes de mini chiens cherchent à acquérir le plus petit de tous, les amoureux des brachycéphales, eux, recherchent souvent LE museau le plus beau, le plus plat, le plus original… et ce, au détriment de la santé du chien.

Car si de nombreuses personnes souhaitent avoir pour compagnon le chien d’élevage qui attirera tous les regards et, pourquoi pas, deviendra un champion aux concours de beauté canin, peu d’entre elles sont volontaires pour assumer les soucis de santé de leur chien. En effet, pour satisfaire la demande, les éleveurs sont amenés à faire se reproduire des chiens aux traits poussés à l’extrême. Ils sélectionnent alors des couples de chiens aux museaux les plus plats possible pour que leur lignée soit la plus conforme aux exigences des clients. "Les chiens brachycéphales sont de parfaits OGM, des Organismes Génétiquement Modifiés", affirme le Dr vétérinaire Stéphane Tardif. "Ils sont sélectionnés selon des critères physiques mais on est allés trop loin dans la modification génétique" estime-t-il.

De nombreux problèmes de santé

Et pour cause : les Bouledogues et Carlins souffrent de nombreux problèmes de santé liés à leur morphologie "contre-nature" : leur appareil respiratoire est ratatiné au point que leur respiration est difficile. "C’est comme si nous étions en insuffisance respiratoire permanente", compare le Dr Tardif. De plus, ils sont sujets aux hernies discales qui peuvent survenir à tout moment, simplement en descendant d’un canapé par exemple. A cela peuvent s’ajouter des problèmes de peau, d’yeux, de digestion…

Malheureusement, force est de constater que de (trop) nombreuses personnes ne sont pas prêtes à assumer les conséquences de leur achat. Les opérations chirurgicales des parois respiratoires, notamment, coutant cher, certains propriétaires préfèrent opter pour la facilité : l’abandon. Deux refuges britanniques ont ainsi confié à la BBC avoir reçu 39% de plus de chiens brachycéphales entre 2014 et 2015.

Stopper la production de Bouledogues ?

Face au fléau de l’abandon, une association de vétérinaires britanniques tire la sonnette d’alarme : "Les futurs propriétaires doivent prendre en compte le fait que ces chiens peuvent souffrir d'un certain nombre de soucis de santé, de l'ulcère de la cornée en passant par de graves problèmes respiratoires. Nous encourageons vivement les gens à choisir des races plus saines ou croisées à la place", a expliqué le président de la British Veterinary Association.

Pour le Dr Tardif, "interdire la production de chiens brachycéphales serait une décision extrême. L’important est surtout de renseigner les gens sur les souffrances endurées par ces chiens-là". 

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Elisa Gorins