BFMTV

Première sortie pour le bébé panda du zoo de Beauval

Yuan Meng, âgé de 5 mois, est désormais visible par le public dans l'enclos qu'il partage avec sa mère au zoo de Beauval.

Un mois après son baptême, le bébé panda du zoo de Beauval peut désormais être admiré par les visiteurs. Yuan Meng, âgé de 5 mois, grandissait jusque-là à l'abri des regards. Il a rejoint ce samedi matin l'enclos qu'il partage désormais avec sa mère et a été présenté officiellement au public, venu en masse pour un jour d'hiver.

L'animal pèse 11 kilos et commence à courir. Pour assurer sa sécurité, les soigneurs vont l'accompagner quelques mois encore. Son espace de vie a d'ailleurs été aménagé afin qu'il puisse notamment chuter en toute sécurité. Il est aussi insonorisé, afin de limiter le stress éventuel causé à l'animal, qui a pris l'habitude de côtoyer des hommes depuis sa naissance. Encore allaité par sa mère, le panda va devoir apprendre à manger du bambou.

"Il est pataud pour encore au moins 6 mois, il va être très joueur, apprendre à grimper, faire des roulés-boulés, apprendre à manger. Quand il aura un an il va devenir autonome", explique Marie-Claude Bomsel, vétérinaire et professeure au Muséum d'histoire naturelle, interrogée sur BFMTV. 

Un animal rendu léthargique par son régime alimentaire

Mais même une fois sevré, il devrait rester assez maladroit, comme ses congénères, du fait de son régime si particulier. "A partir du moment où on mange 10 à 15 kilos de bambou, on est assez léthargique. C'est un ours qui est devenu végétarien pendant l'évolution et fondamentalement ce n'est pas simple à résoudre d'un point de vue physiologique", indique la vétérinaire. C'est ce qui explique notamment que le panda soit souvent en position assise, et que la maman utilise cette posture pour allaiter son bébé.

A taille adulte, Yuan Meng devrait atteindre 150 kilos pour 1,50 mètre. Quant à son caractère, contrairement à l'image de peluche qui lui est souvent associée, le panda, même jeune, est plutôt "irascible", précise la vétérinaire.

"Comme tous les ours il est volontiers irascible, on l’a vu d’ailleurs quand Brigitte Macron l’a rencontré, c’est un caractère d’ours mal léché, solitaire et pas forcément commode. Ce qui lui importe, c’est sa maman, elle va commencer à lui apprendre la vie. Pour apprendre à manger du bambou, il va d'abord l'imiter, et il ne va pas forcément apprécier. Très souvent, les animaux n’aiment pas la période de sevrage", ajoute Marie-Claude Bomsel.

2000 spécimens seulement dans le monde

Le petit panda n'a cependant pas vocation à rester en France, mais à intégrer le programme chinois de conservation de l'espèce. Dès l'âge de 3 ou 4 ans, il partira pour la Chine. Direction le Sichuan, une région montagneuse du centre du pays, à la frontière avec le Tibet. C’est là que se situe la ville de Chengdu, qui héberge le Centre de recherche et de reproduction du panda géant.

Depuis 1961, le panda est le symbole du World Wild Fund. C'est surtout une espèce en danger, considérée comme "vulnérable", puisqu'il n'en reste que 2000 spécimens dans le monde.

"Le problème c’est qu’à long terme il va être confronté au manque de bambous, avec le changement climatique ils deviennent de moins en moins présents", explique Marie-Claude Bomsel. 

Charlie Vandekerkhove