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Espèces menacées: l'éléphant thaïlandais est en danger

Des éléphants dans le parc national de Hwange au Zimbabwe.

Des éléphants dans le parc national de Hwange au Zimbabwe. - -

La quarantième "Convention sur le commerce international des espèces" menacées vient de s'ouvrir en Thaïlande. Au cœur des débats: la protection de l'éléphant.

Rhinos, éléphants, ours polaires et requins ont le même problème: être en voie d'extinction. Ouverte dimanche 3 mars à Bangkok, la Convention sur le commerce international des espèces menacées (Cites) s'est donnée pour but de s'attaquer à la protection des animaux menacés. Une question de biodiversité qui touche tous les continents et toutes les sociétés.

Il faut sauver les éléphants thaïlandais

En Thaïlande, le problème vient de l'ivoire. Hôte de la conférence, la Première ministre thaïlandaise a l'affirmé: l'éléphant est "très important pour la culture" du pays, "personne ne s'inquiète plus pour les éléphants que les Thaïlandais".

Pourtant, la Thaïlande est régulièrement accusée d'être une plaque tournante du trafic d'espèces protégées (asiatiques et africaines) et elle est sous le feu des critiques pour son autorisation du commerce de l'ivoire de ses éléphants domestiques. "Malheureusement, beaucoup utilisent la Thaïlande comme pays de transit dans le trafic international d'ivoire", reconnaît Yingluck Shinawatra, la Première ministre du pays.

Une hausse du braconnage

Le braconnage des éléphants et des rhinocéros, deux espèces dont le commerce international est déjà interdit, sauf exception, a atteint de sinistres recors ces dernières années. "Ces tendances pourraient menacer la survie des espèces elles-mêmes", a commenté John Scanlon, secrétaire général de la Cites, notant l'implication de plus en plus grande du "crime organisé" dans le trafic d'ivoire et de cornes.

"Mais ce n'est pas seulement ces grandes espèces, c'est également un commerce illégal systématique de milliards de dollars qui a lieu chaque année", précise de son côté Achim Steiner, directeur exécutif du Programme des nations unies pour l'environnement.

35.000 espèces d'animaux et de plantes à protéger

Depuis son entrée en vigueur en 1975, la Cites a placé sous sa protection quelque 35.000 espèces d'animaux et de plantes, soit en interdisant leur commerce international soit en l'encadrant strictement. Les 178 pays membres, tenus de faire appliquer ces décisions, devraient ajouter quelques noms sur la liste lors de cette réunion.

L'année dernière, les négociations sur le requin avaient échouées face au lobby des pays gros pêcheurs et consommateurs comme les Chinois et Japonais. Un an plus tard, des scientifiques britanniques estiment qu'un million de requins sont tués chaque année. Une surpêche qui peut mener à l'extinction de l'espèce. Si l'éléphant est chassé pour ses défenses d'ivoire, le requin, lui pâtit du goût prononcé en Asie pour la soupe d'ailerons.

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>> La Convention sur le commerce international des espèces menacées (Cites) existe depuis 40 ans. Elle réunit en 2013 178 pays du 3 au 14 mars.