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Douceur des températures: les poissons d'hiver manquent à l'étal

La bonite ne devrait pas être aussi répandue qu'elle l'est cet automne sur les étals des poissonniers.

La bonite ne devrait pas être aussi répandue qu'elle l'est cet automne sur les étals des poissonniers. - BFMTV

La météo trop clémente en cette fin d'année ne fait pas le bonheur des pêcheurs. Les poissons d'été ne cèdent pas la place aux espèces normalement plus présentes en hiver.

La douceur qui s'est installée sur la France perturbe même les poissons. Contrairement à l'habitude, les poissons d'été ne désemplissent pas des étals. "Normalement, à cette période de l'année, il ne devrait pas y avoir de bonite. C'est un poisson d'été, comme le thon", s'étonne Lourdes, poissonnière à Capbreton, dans les Landes.

Au contraire, les grands absents sont les poissons dits d'hiver: sole, barbu, turbot, bar. Pour qu'ils montrent le bout de leurs nageoires, il faudrait que la température de l'eau baisse de 2 ou 4 degrés Celsius. Mais pour l'instant, la douceur s'impose et les prix grimpent du fait de la relative rareté. Une habitante du Pays basque explique qu'elle n'a constaté aucune gelée et que les mimosas sont en fleurs.

Beau temps, mauvaise pêche

Le beau temps est aussi synonyme d'une mer d'huile qui ne fait pas les affaires des pêcheurs. Les tempêtes "remuent le fond, pour nous c'est meilleur", explique Franck Duhat, marin-pêcheur. 

La pêche n'est pas la seule activité à souffrir de la douceur inhabituelle. Le 12 décembre, un pic de pollution aux particules fines a été signalé dans le Tarn-et-Garonne et en Haute-Garonne. Son origine tenait à "l'effet combiné des émissions polluantes et de conditions météorologiques défavorables à la dispersion des polluants dans l'air". Les stations de ski sont aussi à la peine avec une absence de neige en de nombreux endroits.

L'année la plus chaude depuis le début des relevés

Il reste encore deux semaines avant le passage à 2016, mais on peut d'ores et déjà l'affirmer: l'année 2015 est la plus chaude depuis que les relevés thermométriques ont été mis en place et selon l'ONU depuis l'ère préindustrielle (1880-1899). Elle se place loin devant 2014 avec une hausse d'un degré. Mis en perspective avec les objectifs de la Cop21 qui vient de s'achever, on mesure l'urgence d'agir pour limiter le réchauffement climatique.

Autre indice, l'air de l'Arctique se réchauffe avec des températures qui n'ont jamais été aussi élevées depuis 115 ans. La fonte des glaces engendrée par ce réchauffement détruit aussi l'habitat des morses et force certains poissons à migrer plus au nord, selon un rapport scientifique publié mardi 15 décembre.

D. N. avec Eve Castaing et Anne-Sophie Warmont