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Antarctique: une colonie de 1,5 million de manchots Adélie découverte

En Antarctique, 1.5 million de manchots Adélie découverts

En Antarctique, 1.5 million de manchots Adélie découverts - Rodrigo Arangua - AFP

Des colonies géantes de manchots Adélie ont été découvertes sur un archipel isolé de l'Antarctique. Ils pourraient être plus de 1,5 million.

Des chercheurs ont découvert des colonies géantes rassemblant plus de 1,5 million de manchots Adélie sur un archipel isolé de l'Antarctique, selon une étude qui appelle à mettre en place des mesures pour les préserver.

"Notre étude révèle que les Danger Islands abritent 751.527 couples de manchots Adélie", indique le texte publié dans la revue Scientific Reports, alors que de précédentes estimations évoquaient seulement quelque 300.000 couples sur un des ilots de cet archipel de la mer de Weddell, à l'est de la péninsule antarctique.

"Une découverte majeure"

A l'origine de cette découverte publiée ce vendredi dans la revue Scientific Reports, l'analyse d'images satellite de ce petit archipel de la mer de Weddell, raconte à l'AFP Heather Lynch, de l'université américaine de Stony Brook.

Les scientifiques savaient que des manchots Adélie, avec leur ventre blanc, leur tête noire et leurs yeux cerclés de blanc, étaient installés sur au moins un des neufs îlots rocailleux, où un recensement en 1996-97 avait évalué les nids entre 285.000 et 305.000.

Mais les images satellites du programme Landsat d'observation de la Terre de la Nasa ont révélé la présence de guano sur d'autres îles de l'archipel et les algorithmes étaient formels: les manchots y sont bien plus nombreux.

"Au début, j'ai pensé que c'était une erreur", explique Heather Lynch. "Mais quand nous avons mis la main sur des images satellites commerciales haute résolution, nous avons su que c'était une découverte majeure".

"Ils ont toujours été là"

"Ca a été une expérience incroyable, de trouver et de compter autant de manchots", commente dans un communiqué Tom Hart, chercheur au département de zoologie d'Oxford.

"Scientifiquement, même si c'est un nombre énorme de "nouveaux" manchots, ils ne sont nouveaux que pour la science", poursuit-il. Fort de leur recensement, les scientifiques ont en effet remonté le temps, analysant notamment des images aériennes en noir et blanc datant de 1957.

"Ils ont toujours été là", insiste Tom Hart. Mais cachés derrière la banquise, sur un archipel dont l'îlot le plus accessible ne voit accoster en moyenne qu'un bateau par an.

Un déclin de certaines colonies

De manière générale, la population de manchots Adélie, installée tout autour du continent blanc, est globalement en augmentation depuis 30 ans, selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN).

Mais de précédentes études ont observé un déclin de certaines colonies, en particulier côté ouest de la péninsule antarctique. Un "contraste saisissant" avec la nouvelle découverte, note Tom Hart.

"Le responsable de ce déclin n'est pas clair pour l'instant", ajoute-t-il, évoquant malgré tout quelques "candidats": "le changement climatique, la pêche et les perturbations directes par l'homme". L'est de la péninsule antarctique a été plutôt épargnée par le réchauffement et cette situation devrait perdurer, selon ces chercheurs.

Les protéger de la pêche

Mais les scientifiques s'inquiètent d'une autre menace: la pêche au krill, minuscule crevette à la base de l'alimentation de ces manchots. "Maintenant que nous savons que ce petit groupe d'îles est si important, on pourrait envisager de plus le protéger de la pêche", plaide la chercheuse.

Les chercheurs appellent ainsi à ce que cette zone soit incluse dans de futures Aires maritimes protégées dont doivent discuter les Etats membres de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique (CCAMLR).

M. F. avec AFP