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Camping sauvage: où pouvez-vous dormir? Ce que dit la loi

Bivouac dans les Alpes

Bivouac dans les Alpes - Kitty Terwolbeck/Flickr

Malgré de nombreuses restrictions, le camping sauvage reste l’alternative idéale pour passer des vacances au vert, dans des espaces naturels privilégiés.

Envie de liberté, de grands espaces, de solitude? Le camping sauvage se présente comme une solution très tentante pour passer ses vacances en toute tranquillité, loin de la foule qui se masse dans les centres de vacances et autres hébergements de plein air collectifs. A condition de respecter scrupuleusement la réglementation en vigueur.

Avant toute chose, il convient de distinguer le camping sauvage du bivouac. Principalement utilisé par les randonneurs, les alpinistes et les cyclistes, le bivouac consiste à installer un campement sommaire pour une seule nuit (du soir au matin) dans un espace naturel éloigné de toute offre d’hébergement. Le camping sauvage concerne quant à lui les voyageurs motorisés qui souhaitent rester plusieurs jours sur un site non aménagé à cet effet, et souvent plus proche d’une zone urbaine. Si le bivouac est davantage toléré, il est toutefois soumis aux mêmes règles que le camping sauvage.

De nombreuses restrictions

En France, le camping est réglementé par le décret n°2015-1783 du 28 décembre 2015 dont l’article R111-32 indique que "le camping est librement pratiqué, hors de l'emprise des routes et voies publiques, avec l'accord de celui qui a la jouissance du sol, sous réserve, le cas échéant, de l'opposition du propriétaire". L’article R111-33 précise que le camping pratiqué seul ainsi que la création de terrains de camping sont interdits, sauf dérogations :

  • sur les rivages de la mer et dans les sites inscrits
  • sur les routes et les voies publiques
  • dans les sites classés ou en instance de classement
  • dans un périmètre de 500 mètres autour des sites patrimoniaux remarquables (bois, forêts et parcs désignés comme des réserves naturelles et sites protégés dans le cadre du patrimoine naturel) et des monuments historiques
  • dans un rayon de 200 mètres autour des points d'eau captée pour la consommation

Enfin, l’article R111-34 ajoute que "la pratique du camping en dehors des terrains aménagés à cet effet peut en outre être interdite dans certaines zones par le plan local d'urbanisme ou le document d'urbanisme en tenant lieu. Lorsque cette pratique est de nature à porter atteinte à la salubrité, à la sécurité ou à la tranquillité publiques, aux paysages naturels ou urbains, à la conservation des perspectives monumentales, à la conservation des milieux naturels ou à l'exercice des activités agricoles et forestières, l'interdiction peut également être prononcée par arrêté du maire".

Les règles de bonne conduite à respecter

Pour profiter des nuits en pleine nature en toute légalité, et éviter de se faire verbaliser (l’amende peut grimper jusqu’à 1500 euros), il convient donc de préparer en amont son voyage et de se renseigner auprès des mairies des communes visitées pour connaître les emplacements autorisés. Il est également conseillé de contacter les propriétaires de terrains privés, et notamment les agriculteurs, qui acceptent parfois volontiers d’accueillir des randonneurs sur leur parcelle. Certains sites, dont www.lecampingsauvage.fr, recense de nombreux terrains d’accueil disponibles dans toute la France.

Une fois votre base de campement trouvée, certains règles de bonne conduite s’appliquent:

  • rester discret et privilégier une installation peu encombrante
  • ne rien laisser traîner en-dehors de son hébergement (ni déchets ni nourriture pouvant attirer des animaux ou être sources de pollution)
  • limiter les nuisances sonores et lumineuses et se renseigner précautionneusement sur la réglementation en vigueur en matière de feux de camps et de barbecues
  • éviter des séjours longs et opter pour des changements réguliers de terrain
  • effacer toute trace de son passage au moment du départ.

Bonnes vacances!

Mélanie Rostagnat Journaliste BFMTV