BFMTV

Welfarm dévoile les "conditions atroces" dans lesquelles sont abattus les bovins français exportés

Les bovins exportés depuis la France sont abattus dans des conditions "atroces" à l'étranger.

Les bovins exportés depuis la France sont abattus dans des conditions "atroces" à l'étranger. - Twitter - Welfarm

L'association Welfarm révèle dans une vidéo les coulisses de l'abattage des bovins français exportés à l'étranger. Vers des pays comme le Maroc, la Tunisie ou encore le Liban, "où aucune loi ne les protège", peut-on lire dans la vidéo.

Les images sont choquantes. Un jeune taureau, suspendu par les pattes, tiré par un homme qui lui attrape les paupières, puis ligoté avec des cordes, est saigné. Aucun matériel n'est utilisé pour immobiliser sa tête et son corps, ou pour l'étourdir, comme le requiert pourtant la loi française.

Cette vidéo, dévoilée ce vendredi par l'organisation Animals International et relayée par l'association Welfarm, révèle ainsi les coulisses de l'abattage des bovins français exportés à l'étranger. Vers des pays comme le Maroc, la Tunisie ou encore le Liban, "où aucune loi ne les protège", peut-on lire dans la vidéo. 

"Suspendre les animaux par les pattes, leur enfoncer les doigts dans les orbites, les ligoter, leur cisailler la gorge, les laisser se débattre la tête à moitié tranchée sont des pratiques courantes dans les abattoirs d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Or, en 2018, la France y a exporté 83.914 bovins et ovins, principalement vers l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, le Liban et Israël", dénonce Welfarm sur son site internet.

Au milieu des cadavres

Le reportage s'appuie sur l'exemple d'un vache française qui, après avoir produit du lait dans l'Ain pendant 5 ans, était "devenue inutile". Elle a alors été transportée de la commune de Bohas-Meyriat-Rignat vers Sète, avec un trajet de 6 heures en camion, pour finalement se retrouver au Maroc, après une traversée en bateau de 6 jours.

Sur les images, la vache laitière se retrouve au milieu d'un petit abattoir, entourée de cadavres de bovins et pataugeant dans des mares de sang. Au bout de plusieurs heures, l'animal, que l'association décrit comme "exténué" dans sa vidéo, "ne tentera même plus de s'échapper" au moment d'être tué. Elle est alors retournée sans ménagement sur le sol puis égorgée avec violence. 

Une lettre envoyée à Edouard Philippe

Pour Welfarm, "il est urgent de remplacer le transport d’animaux vivants par celui de carcasses":

"Les infrastructures existent déjà: Algérie, Maroc, Liban, Israël, tous les pays vers lesquels la France exporte des animaux importent déjà de la viande. Mettre un terme au transport d’animaux vivants aurait même des bienfaits pour l’environnement. Une étude menée en 2017 par l’Université de Weningen et mandatée par Eurogroup for Animals a en effet calculé que transporter des carcasses plutôt que des animaux (vivants, ndlr) réduirait les coûts et les émissions de CO2 de 42%", poursuit l'association sur son site internet. 

Après la diffusion de la vidéo, Welfarm, Animals International et cinq autres ONG de protection de la nature ont adressé une lettre au Premier ministre Edouard Philippe pour lui demander de suspendre l’exportation d’animaux vivants vers les pays tiers.

Clément Boutin