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Un village de l'Oise va célébrer "la vertu" des jeunes filles... en 2019

La fête de la Rosière célèbre la vertu d'une jeune femme.

La fête de la Rosière célèbre la vertu d'une jeune femme. - Capture BFMTV

La fête de la Rosière, qui célèbre la vertu d'une jeune villageoise, va être à nouveau organisée en juin 2019 dans la commune de Salency. L'initiative fait polémique.

C'est une fête aux accents du passé. A Salency, dans l'Oise, un habitant a décidé de remettre au goût du jour la fête de la Rosière, un événement qui récompense la "réputation vertueuse" d'une jeune femme âgée de 14 à 20 ans. Elle aurait été organisée pour la première fois par Saint-Médard, né dans ce village près de Noyon en 456.

La fête est tombée en désuétude en 1987, mais le président de la confrérie de Saint-Médard, Bertrand Tribout, a décidé de la faire renaître. La prochaine édition devrait donc avoir lieu le 2 juin 2019. Au programme: messe le matin, célébration et couronnement l'après-midi. La Rosière, tirée au sort parmi trois jeunes filles désignées par la population, est accompagnée d'un cortège de 12 jeunes garçons et filles.

"Une fête un peu dépassée" selon le maire

Le maire sans étiquette de Salency, Hervé Deplanque, ne dissimule pas son malaise: dans Le Parisien, il évoque une fête "un peu dépassée". A BFMTV, il explique avoir reçu "des centaines de mails" d'habitants indignés. En cause, les critères de sélection retenus: la conduite irréprochable, la vertu, la piété et la virginité. L'an passé, Bertrand Tribout promettait qu'il n'y aurait "pas d'examen médical" pour vérifier ce dernier critère. Aujourd'hui, il tient à dégonfler la polémique: dans Marianne, il assure que "la vertu de la Rosière ne correspond pas à la chasteté ou la virginité". 

De son côté, l'association féministe Les Effronté-e-s envisage de porter plainte pour empêcher la tenue de l'événement: "on va mettre dans la tête de ces jeunes filles que leur comportement normal est en fait dans le registre de l'impureté", s'insurge Fatima Benomar, sa porte-parole. "C'est traumatisant et stigmatisant".

L'organisateur, fervent catholique, "assume" les critiques et la dimension religieuse de la fête en répétant qu'elle fait partie du "patrimoine du village". Selon lui, l'événement va même "dans le sens d'une mise en valeur de la féminité". Le maire, lui, craint que l'image de sa commune soit "salie" par la polémique, et "songe à tout annuler" selon Franceinfo. "La commune n'a jamais été vraiment d'accord pour l'organisation de cette fête", affirme-t-il. Les deux hommes doivent se rencontrer ce mardi.

A. K.