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Un meurtre sur cinq dû aux violences conjugales

A l'occasion de la journée mondiale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, qui a lieu ce mercredi, le Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes rappelle que 1.259 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint depuis 2006.

"Ces meurtres résultent d'histoires toutes singulières mais ils sont liés par un même type de violence: des violences sexistes faites aux femmes parce qu'elles sont des femmes." Le Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) dresse un terrible constat: un assassinat sur cinq en France est dû à des violences conjugales.

Le 25 novembre est désormais journée mondiale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. A cette occasion, le présidente du HCEfh, Danielle Bousquet, rappelle que 1.259 femmes ont été tuées sous les coups de leur conjoint depuis 2006. Rien que pour l'année dernière, on compte 118 victimes et 82.635 faits de violences commis par le conjoint recensés. Mais seulement 15.982 hommes et 561 femmes ont été condamnés pour ce type de crimes et délits.

Les enfants sont aussi des victimes

"C’est cela que l’on nomme aussi 'violences faites aux femmes', 'violences de genre' ou 'féminicides'", rappelle celle qui est en charge de l'évaluation du 4e plan interministériel triennal de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes, adopté en 2014. Danielle Bousquet appelle désormais tous les acteurs publics à se mobiliser encore plus pour que la mise en oeuvre de ce plan "produise tous ses effets".

Depuis 2000, de nombreuses enquêtes ont montré la diversité de ces violences, de nature physique, sexuelle, psychologique, économique, dans l'espace privé ou public. Mais les femmes, dont la liberté est entravée et la santé affectée, ne sont pas les seules victimes de ces violences: 143.000 enfants vivent dans des ménages où leur mère est violentée physiquement et sexuellement. 

Un viol sur 10 dénoncé

Par ailleurs, les chiffres de l'Observatoire national des violences faites aux femmes prouvent que les femmes sont les premières victimes de ces actes. Chaque année, 84.000 d'entre elles, âgées entre 18 et 75 ans, sont violées ou victimes de tentatives de viol.

Seule une sur dix explique avoir porté plainte, alors que dans 90% des situations ces victimes connaissent leur agresseur. Et surtout dans 85% des cas, la proie était une femme. L'an dernier, 765 hommes et 6 femmes ont été condamnés pour des viols sur des personnes de plus de 15 ans. Il existe en France plus de 300 accueils de proximité pour accompagner les victimes et préparer la séparation du conjoint violent comme le centre de l'association Du côté des femmes, à Pau, où BFMTV s'est rendu (cf vidéo en haut de cet article).

J.C. avec AFP