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Thérapies de conversion: Olivier Véran dénonce des pratiques "écœurantes et anachroniques"

Le ministre de la Santé Olivier Véran, le 2 mars 2021 à Paris

Le ministre de la Santé Olivier Véran, le 2 mars 2021 à Paris - Thomas COEX © 2019 AFP

Une proposition de loi a été déposée à l'Assemblée nationale pour interdire ces pratiques, et Marlène Schiappa a annoncé qu'elle pourrait inclure cette question dans la loi sur les séparatismes.

Au cours d'un entretien sur Sciences Po TV lundi soir, avec des étudiants de cette école, le ministre de la Santé Olivier Véran a été interrogé sur l'existence de thérapies de conversion en France pour les personnes homosexuelles. Il s'agit de pratiques visant à modifier l'orientation sexuelle d'une personne, se basant sur l'idée que l'homosexualité ou la transidentité seraient des maladies qu'il serait possible de guérir.

"Si vous me demandez ce que je pense de la démarche qui consiste à considérer que l'homosexualité soit une maladie qui nécessite une thérapie qui puisse guérir, j'aurais envie de vous dire que je ne sais pas si c'est plus écoeurant ou anachronique, mais sans doute un peu des deux", a expliqué Olivier Véran.

Des textes législatifs en cours

Il a ensuite déclaré que "plusieurs collègues" de la majorité avaient "beaucoup travaillé sur ces questions-là". "Est-ce que cela fera l'objet d'une proposition parlementaire, je ne sais pas encore".

Une proposition de loi a bien été faite à l'Assemblée nationale par une députée de la majorité, Laurence Vanceunebrock, qui travaille depuis plusieurs années sur ce sujet. Son texte propose que soient "punis de deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende" les "pratiques, les comportements ou les propos répétés visant à modifier ou à réprimer l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, vraie ou supposée, d’une personne et ayant pour effet une altération de sa santé physique ou mentale".

Marlène Schiappa, ministre déléguée à l'Intérieur en charge de la Citoyenneté, a déclaré dans Le Parisien en octobre que "le gouvernement français veut interdire ces thérapies de conversion", et que cela pourrait passer par des amendements dans la loi sur les séparatismes.

Les association LGBT et les victimes de ces thérapies de conversion ont déjà demandé à plusieurs reprises une interdiction claire de ces pratiques. En novembre, le collectif "Rien à guérir", publiait une tribune dans Le Monde, alertant sur le fait que "ces pratiques dévastatrices progressent", et qu'il fallait les "bannir". Malte, le Brésil, la Chine et certains États américains les interdisent déjà.

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV