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Taubira comparée à un singe dans Minute: le parquet fait appel

Christiane Taubira avait été comparée à un singe à la une du magazine Minute, ce qui avait valu une amende de 10.000 euros au directeur de la rédaction du magazine. Une peine jugée trop clémente pour le parquet, qui a fait appel.

Christiane Taubira avait été comparée à un singe à la une du magazine Minute, ce qui avait valu une amende de 10.000 euros au directeur de la rédaction du magazine. Une peine jugée trop clémente pour le parquet, qui a fait appel. - Richard Bouhet - AFP

Le directeur de la publication de Minute avait été condamné à 10.000 euros d'amende pour la une du magazine de novembre 2013, sur laquelle la Garde des Sceaux était comparée à un singe. Une peine jugée trop clémente pour le parquet, qui avait également requis une peine de prison avec sursis.

Il a jugé la peine trop clémente. Le parquet de Paris a fait appel du jugement qui a condamné le directeur de la publication de l'hebdomadaire d'extrême droite Minute à 10.000 euros d'amende pour sa Une comparant la ministre de la Justice Christiane Taubira à un singe. C'est ce qu'a indiqué ce mercredi une source judiciaire consultée par l'Agence France-Presse (AFP).

Dans son édition du 13 novembre 2013, le journal avait publié une photo de la garde des Sceaux, avec ce titre: "Maligne comme un singe, Taubira retrouve la banane".

Ciblée par plusieurs propos racistes

Peu de temps avant la parution de cette Une, Christiane Taubira avait été la cible de propos racistes du même acabit, de la part d'une jeune fille lors d'une manifestation d'opposants au mariage homosexuel, ou encore d'une ex-candidate FN aux municipales dans les Ardennes, qui a été condamnée à neuf mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Cayenne, en Guyane.

Une peine inférieure aux réquisitions du parquet

Le 30 octobre dernier, le tribunal correctionnel de Paris avait condamné pour injure raciale Jean-Marie Molitor, directeur de la publication Minute, à une peine inférieure aux réquisitions du parquet qui, outre l'amende de 10.000 euros, avait requis trois mois de prison avec sursis.

Le parquet a également fait appel de deux autres relaxes

Le ministère public a également fait appel de la relaxe de Jean-Marie Molitor et du dessinateur David Miège dans un autre dossier jugé à la même audience. En cause, un dessin paru fin octobre 2013 représentant un singe, versant une larme, dont l'avocat déclarait: "Mon client porte plainte pour avoir été odieusement caricaturé en madame Taubira".

Le parquet avait requis un mois de prison avec sursis et 5.000 euros d'amende contre Jean-Marie Molitor et 2.000 euros d'amende, dont la moitié avec sursis, contre le dessinateur David Miège.

L'avocat de Jean-Marie Molitor, Me Frédéric Pichon, a estimé que l'appel du parquet témoignait d'un "acharnement" et que, si la garde des Sceaux n'était pas partie à la procédure, "le ministère public est un petit soldat servile, aux ordres de son supérieur hiérarchique".

Jé. M. avec AFP