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Une comparant Taubira à un singe: trois mois avec sursis requis contre le directeur de Minute

La une de Minute avait provoqué une polémique, car elle comparait Christiane Taubira à un singe.

La une de Minute avait provoqué une polémique, car elle comparait Christiane Taubira à un singe. - Pierre Andrieu - AFP

L'affaire de la une raciste de Minute qui visait Christiane Taubira suit son cours. Le parquet a requis mercredi une peine de trois mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende contre le directeur de la publication de ce journal d'extrême droite.

Le parquet a requis mercredi trois mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende contre le directeur de la publication de Minute, Jean-Marie Molitor, pour la une de l'hebdomadaire qui avait comparé la ministre de la Justice Christiane Taubira à un singe.

En couverture de son édition du 13 novembre 2013, la journal d'extrême droite publiait une photo de la garde des Sceaux titrée "Maligne comme un singe, Taubira retrouve la banane". Et ce alors que ChristianeTaubira avait été la cible peu de temps auparavant de propos racistes du même accabit.

"Mauvais goût"

Une "surenchère" dénoncée par le procureur, Aurore Chauvelot, pour qui le délit d'injure publique raciale est constitué, "comparer Mme Taubira à un singe, c'est méprisant, c'est outrageant". "Le choix éditorial fait par Minute est clair et assumé", "vous condamnerez ce choix éditorial", a lancé Aurore Chauvelot aux juges de la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

Dans la presse comme devant les enquêteurs, le directeur de la publication du journal, Jean-Marie Molitor, absent à l'audience, s'était défendu de tout racisme, reconnaissant seulement une couverture de "mauvais goût". Selon lui, l'hebdomadaire n'est "pas un journal d'extrême droite", mais un titre "libre et indépendant". Il a assumé cette Une, selon lui issue d'un "travail collectif".

"Expression du racisme primaire"

Un dessin, passé relativement inaperçu, vaut également à Jean-Marie Molitor d'être poursuivi. Paru le 30 octobre, il représentait un singe, versant une larme, dont l'avocat déclarait: "Mon client porte plainte pour avoir été odieusement caricaturé en madame Taubira."

Pour ce dessin, le parquet a requis un mois de prison avec sursis et 5.000 euros d'amende contre Jean-Marie Molitor et 2.000 euros d'amende, dont la moitié avec sursis, contre le dessinateur David Miège. Affirmant n'avoir "jamais été attaqué jusqu'à présent pour racisme", ce dernier a soutenu à la barre qu'il voulait moquer la judiciarisation à outrance. "Ç'aurait pu être un chien ou un chat", "que Mme Taubira soit noire, bleue, blanche ou jaune, ça ne m'intéresse pas", a-t-il affirmé.

"On est en plein dans l'expression du racisme primaire", a plaidé Me Gérad Taieb, avocat du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap), "le fait d'assimiler une personne humaine à un animal, c'est une injure faite à l'humanité tout entière".

M. K. avec AFP