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Sommeil: comment faciliter le coucher des enfants

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - Mychèle Daniau-AFP

Un enfant sur deux a des difficultés de sommeil jusqu'à l'âge de 6 ans, tandis qu'un enfant de moins de 2 ans sur trois a du mal à s'endormir. Selon plusieurs spécialistes, l'important est de mettre en place des rituels et de respecter les besoins physiologiques des plus petits.

Le coucher des plus petits reste un moment compliqué dans de nombreux foyers: un enfant de moins de 2 ans sur trois a du mal à s'endormir. Pourtant, des astuces permettent de faciliter ces quelques minutes critiques. Certains parents préfèrent faire appel à des professionnels, comme cette mère de famille de Neuilly, dans les Hauts-de-Seine, pour adopter les bons gestes.

Pleurs, bagarre, énervement: le moment d'aller au lit est souvent difficile pour Aristide, 2 ans et demi. "On a envie de passer un bon moment avec son enfant mais au moment du coucher, ça devient la catastrophe", confie Anne, la mère du petit garçon, sur notre antenne.

Une activité calme avant de le coucher

Clémence Prompsy, psychologue clinicienne pour Kidz et Family, un service de coaching parental, distille ses conseils. Première étape: changer le lit de place. "On aime que les lits soient le plus cosy possible", indique-t-elle à BFMTV.

Pour que le coucher devienne un challenge ludique, cette professionnelle présente un jeu à l'enfant autour des rituels du coucher: brossage des dents, tendresse avec les parents. Autre recommandation: prendre le temps, quelques minutes, de proposer une activité calme avec son enfant avant de le coucher, comme la lecture d'un conte.

"C'est plus sympa de faire un vrai quart d'heure de grand avec son parent, quand on a couché le petit, et d'y passer vraiment du temps. Il y a des combines à avoir pour l'endormissement, comme le fait de parler doucement", ajoute Clémence Prompsy.

"Des séquences identifiables par l'enfant"

Un enfant sur deux a des difficultés de sommeil jusqu'à l'âge de 6 ans, qu'il s'agisse de difficultés d'endormissement, de réveils nocturne ou précoce, indique sur notre antenne Vanessa Slimani, psychiatre et spécialiste du sommeil. Il est, selon elle, très important de "mettre en place des séquences qui vont pouvoir être identifiables par l'enfant et rendre plus facile le coucher". Selon cette spécialiste, il est normal qu'un enfant, jusqu'à l'âge de 3 ans, ait des éveils au moment des changements des cycles de sommeil.

"Ce qui pose problème, c'est qu'il ne puisse pas se rendormir seul ou que le réveil dure trop longtemps", poursuit Vanessa Slimani, auteure de Le Sommeil de mon enfant, les clés pour des nuits paisibles. "Il ne faut pas se précipiter tout de suite, un enfant peut pleurer un petit peu pendant la nuit, souvent il va se rendormir mais il faut lui laisser le temps de se rendormir par lui-même."

"Une fâcheuse tendance à coucher les enfants trop tard"

Pour Aristide, ce coaching a porté ses fruits: le coucher s'améliore de soir en soir. Mais le problème est plus vaste, car les plus jeunes ne dorment pas suffisamment. Les enfants ont perdu près de vingt minutes de sommeil par nuit en quinze ans. Un véritable problème de santé publique. Claire Leconte, chercheuse en chronobiologie et spécialiste des rythmes de l'enfant et de l'adolescent, dénonçait sur RMC les mauvaises heures de coucher.

"On a une fâcheuse tendance à vouloir coucher les enfants trop tard. Et également à s'amuser à constamment changer le mode de coucher. Dès qu'ils n'ont pas classe, on les couche trop tard. Cela dérégule complètement leurs horloges, ils n'ont plus un sommeil de qualité qui permet de récupérer comme ils en auraient besoin."

Un manque de sommeil qui a de lourdes conséquences: moindres capacités d'attention, répercussions sur les apprentissages et la mémoire. "On voit aussi des enfants qui sont énervés par manque de sommeil, ils peuvent devenir agressifs", pointe la chercheuse.
C.H.A.