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Sciences Po Grenoble: l'un des professeurs accusés salue le soutien de Blanquer

L'un des deux professeurs de l'IEP de Grenoble accusés d'islamophobie a de nouveau démenti, ce lundi soir sur BFMTV, avoir tenu des propos discriminants à l'encontre de la communauté musulmane.

L'un des enseignants mis en cause par des accusations d'islamophobie à l'Institut d'études politiques (IEP) de Grenoble s'est réjoui, ce lundi soir sur BFMTV, du soutien apporté ce jour par le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer.

"J'aime bien le soutien du ministre, c'est très bien parce que du soutien, on en manque. Le soutien du ministre est fort et ça me réjouit", a déclaré sur BFMTV Klaus Kinzler, professeur d'allemand à Sciences Po Grenoble depuis 25 ans.

L'enseignant, qui dément de nouveau fermement les accusations d'islamophobie proférées à son encontre, affirme ne subir "aucun sentiment d'insécurité ni de menaces" depuis les faits. La direction de l'établissement a condamné ces accusations, après que des affiches avec les noms des deux professeurs ont été placardées sur la façade de Sciences Po Grenoble jeudi dernier.

"Tout ça c'est absurde, complètement hallucinant"

"Tout ça c'est absurde (...) c'est complètement hallucinant", a dénoncé l'un des deux professeurs mis en cause à l'antenne de BFMTV. Dans les mails en question (ceux envoyés par le professeur à certains élèves), "il n'y a absolument rien d'insultant, de discriminatoire" à l'encontre de la religion musulmane.

"Il y a bien-sûr une critique de la forme fondamentaliste, je dirais presque totalitaire du fondamentalisme islamique qui a pris le pouvoir dans le monde de l'islam depuis 50 ans. Mais je ne dis absolument rien contre les musulmans, je m'exprime même très fermement contre toute forme de discrimination", soutient le professeur d'allemand.

Les deux professeurs ont été placés sous protection, a annoncé Gérald Darmanin lundi, et une enquête pour injure publique et dégradation a été ouverte après la découverte des affiches à l'entrée de l'établissement jeudi dernier.

Le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer a apporté son soutien aux enseignants, ce lundi, appelant à "se battre contre les logiques de stigmatisation et de délation publique" et à "ne pas sombrer dans des logiques de fatwas". "Si j'étais ministre, je n'utiliserais pas ce vocabulaire", a toutefois répliqué Klaus Kinzler, "parce que ça établit un lien qu'on en devrait pas trop nourrir. À force de toujours établir ce parallèle, ça pourrait mettre la puce à l'oreille de quelqu'un alors que là c'est un débat purement académique".

Une polémique née d'un groupe de travail

Samedi sur BFMTV, ce même professeur estimait que la polémique était née fin novembre d'un groupe de travail informel pour préparer la semaine "de l'Égalité et contre les discriminations". Klaus Kinzler affirme qu'il s'était "inscrit pour préparer une journée thématique au titre: racisme, islamophobie, antisémitisme" et qu'il comptait "contester dans la discussion avec ma collègue et mes étudiants l'alignement de ces trois termes dans une seule thématique".

Mais il affirme avoir été "exclu du groupe de travail parce que les étudiants se disaient blessés par ses paroles", puis avoir fait l'objet depuis janvier d'une campagne menée par les "plus extrémistes" d'entre-eux qu'il accuse d'avoir "retravaillé, tronqué, refabriqué à leur guise" ses propos pour faire de lui "un extrémiste de droite et un islamophobe".

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV