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Saint-Denis: un quartier s’inquiète de voir son école cernée par un échangeur routier en vue des JO

A Saint-Denis, un projet prévoit de réaménager les accès à l'A1 et l'A86 pour fluidifier le trafic, notamment en créant de nouvelles bretelles d'accès. Mais l'une de ces bretelles cernerait une école maternelle, les parents d'élèves se mobilisent.

Depuis leur cour de récréation, juste derrière les grilles de leur école, les 700 élèves de l'école Anatole France pourraient bientôt voir défiler des milliers de véhicules. Dans le cadre d'un projet de réaménagement des accès à l'A1 et l'A86, une nouvelle bretelle d'accès devrait déboucher près de l'école, sur les deux boulevards qui entourent le groupe scolaire du quartier Pleyel. A terme, l'école serait cernée de 4 voies de circulation d'un côté, 6 de l'autre, deux fois plus qu'actuellement. 

"Nous parents d'élèves on leur dit, c'est pas possible. On aura des décibels de plus et on aura une concentration accrue des polluants les plus cancérigènes", résume Hamid Widir, représentant des parents d'élèves du groupe scolaire Anatole France Pleyel. 

Pollution "en héritage" des Jeux Olympiques 

"En fin de compte, l'héritage qu'on risque d'avoir des Jeux olympiques, c'est de la pollution et des problèmes", craint Houchem, un autre représentant des parents d'élèves. 

L'un des objectifs du projet est en effet d'améliorer la desserte du futur village olympique pour les Jeux de Paris en 2024. Le réaménagement est jugé indispensable par les élus du départements, à condition que ces aménagements ne se fassent pas au détriment des habitants.

"Effectivement, avoir une trois fois trois voies en extrême proximité d'une école, je ne pense pas que ce soit une bonne idée. C'est ce que nous avons écrit à la DiRIF (Direction des routes d'Ile-de-France, ndlr)", explique Mathieu Hanotin, conseiller départemental de Seine-Saint-Denis. 

Circulation "apaisée"

La DiRIF, en charge des travaux, assure avoir entendu les craintes des habitants et des élus. Pas question pour autant de réduire le nombre de voies pour l'instant, la mise en place d'une circulation "apaisée" est pour l'instant privilégiée

"Ca veut dire des véhicules qui ne vont pas vite, des possibilités de traverser pour les piétons en sécurité. Ca veut dire aussi des aménagements pour pouvoir circuler facilement à pied ou à vélo", détaille Alain Monteil, directeur des routes d'Ile-de-France. 

Une enquête publique a été ouverte en début de semaine pour évaluer les conséquences du projet. Les travaux doivent débuter l'année prochaine. Les riverains défendent eux un projet alternatif pour écarter les flux de trafic du quartier. 

Elodie Messager, Jules Chiapello avec Carole Blanchard