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Une box "catho" pour déguster les produits des abbayes et monastères

En février, la box contenait notamment du miel, du savon, des pâtes et du vinaigre de cidre.

En février, la box contenait notamment du miel, du savon, des pâtes et du vinaigre de cidre. - Box de Séraphin

Un spécialiste de la gastronomie a lancé en novembre dernier une "box" d'un genre nouveau: tous les mois, il livre des produits variés fabriqués en abbaye par des communautés. Depuis, le concept fonctionne.

Du jambon fumé issu des cochons de l'élevage du Père Marc dans la Manche, des confitures de cassis des carmélites du Havre, du vinaigre de cidre des bénédictines de Kergonan: ces trois produits artisanaux ont tous un point commun, ils ont été produits par des communautés monastiques. Et François Barber a décidé de les promouvoir à sa façon. 

Cet ancien directeur général d'Hédiard, âgé de 48 ans, travaille depuis de nombreuses années dans le monde de l'épicerie fine. Catholique et fier de l'être, il a eu l'envie l'année dernière de "monter un projet bienveillant, qui ait du sens", confie-t-il à BFMTV.com. C'est ainsi qu'est née La box de Séraphin.

Une box aux produits d'origine très variée

"On ne veut surtout pas monter une multinationale! L'idée est simplement de faire découvrir à une clientèle nouvelle des produits variés, et surtout d'origine variée, tout en aidant les communautés monastiques qui vivent parfois du seul revenu de la vente de leur production", explique-t-il. 

Chaque mois, la petite entreprise, qu'il a montée avec un ami spécialisé dans la communication, sélectionne de nouveaux produits, et prépare un colis à destination des acheteurs en France. 

"Dans chaque box, il y a en moyenne six produits, principalement de la gastronomie. Nous glissons parfois aussi un produit de beauté, comme un baume, un parfum ou un savon. A chaque fois, l'origine des produits est expliquée, avec une carte de France et une petite note historique sur les abbayes qui les fabriquent", nous précise le fondateur. 

"Une chouette émulation dans le milieu"

Si les produits sont tous artisanaux, "ce qui est parfois un handicap quand le four du monastère tombe en panne, ou que la soeur en charge des madeleines tombe malade", plaisante François Barber, certains proviennent parfois de communautés étrangères. Comme la moutarde de Tchéquie dans la box de janvier, ou la bière trappiste belge en novembre.

"Ca crée une chouette petite émulation dans le milieu, par exemple une abbaye vient de nous contacter pour leurs tisanes faites maison. Et ça permet aux moines et aux soeurs de toucher une clientèle qu'ils n'auraient pas eue autrement", se félicite le fondateur. En effet, le travail monastique est souvent peu connu et difficilement accessible, disponible seulement dans les boutiques d'abbaye et de monastère, ou sur leurs sites Internet. 

Une application pour les cathos 2.0

Ce n'est pas la première fois que François Barber lance un projet en lien avec la culture catholique. En 2011, il avait déjà lancé Carpe Deum, une application gratuite qui connaît un certain succès, pour trouver les lieux de messe les plus proches, discuter avec d'autres "cathos technos", ou encore "prier pour son prochain au lieu de liker son statut", s'amuse le gastronome.

"Je voulais dépoussiérer l'image des cathos et montrer que nous ne sommes pas tous des grenouilles de bénitier! Cette application me coûte plus d'argent qu'elle ne m'en amène, mais c'est un projet qui fait du bien. Comme ces box d'ailleurs", conclut François Barber.