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Les évêques, inquiets pour la France, publient une lettre avant la présidentielle

Le président de la Conférence des évêques et et archevêque de Marseille, Monseigneur Georges Pontier.

Le président de la Conférence des évêques et et archevêque de Marseille, Monseigneur Georges Pontier. - BERTRAND GUAY / AFP

Dans une lettre disponible en librairie dès demain, les évêques posent un regard inquiet sur le pays, sa politique, et sa société. S'adressant "aux habitants de la France", les représentants de l'Eglise s'estiment "préoccupé" par la situation de l'Hexagone et souhaitent "s'inscrire en faux contre la sinistrose ambiante".

Elle coûte 4 € et sera disponible dès vendredi demain. Il s’agit de la lettre écrite par les évêques “aux habitants de France”. Identités fragilisées, intégration en panne, éducation en crise ou encore laïcité sous tension, les représentants de l’Eglise sont inquiets, et ils le font savoir.

“Si nous parlons aujourd’hui, c’est parce que nous aimons notre pays et que nous sommes préoccupés par sa situation”, c’est ainsi que débute ce document rare. Une lettre, non pas seulement destinée aux catholiques, mais à la population toute entière. Si les fidèles se comptent en millions, “nous avons voulu quelque chose qui ne soit pas ‘les cathos pour les cathos’” a précisé le président de Conférence des évêques (CEF) et archevêque de Marseille, Monseigneur Pontier.

L’objectif: fournir des éléments de réflexion mais aussi pointer des exigences.

Une critique politique

Et les constats ne sont pas tendres. Dans ce document intitulé Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique, les évêques blâment les politiques et “l’attitude et l’image de quelques-uns qui jettent le discrédit sur l’ensemble de ceux qui vivent l’engagement politique comme un service de leur pays”. Ils estiment par ailleurs que “la parole a trop souvent été pervertie, utilisée, disqualifiée”.

Si il est rare que des évêques abordent la politique, ce n’est pas la première fois, la communauté avait déjà publié un communiqué en juin, en vue du scrutin de 2017.

Une critique sociétale

Dans la société, "la contestation est devenue le mode de fonctionnement habituel, et la culture de l'affrontement semble prendre le pas sur celle du dialogue", déplorent les évêques, égratignant "réseaux sociaux et médias, surtout audiovisuels": "On ne peut sans cesse jouer sur la com' et l'audience".

Le "contrat social" a besoin d'être "renoué" car il ne va "plus de soi", ses promesses n'étant "plus tenues". Les personnes d'origine étrangère "n'arrivent pas à trouver leur place", quand "les valeurs républicaines de liberté, égalité, fraternité, souvent brandies de manière incantatoire, semblent sonner creux pour beaucoup de nos contemporains".

La problématique identitaire

Pas question d'aborder de manière guerrière la problématique identitaire, si présente dans une précampagne électorale marquée notamment du sceau des récents attentats jihadistes en France. "Plus que d'armure, c'est de charpente que nos contemporains ont besoin", écrivent les évêques, insistant sur "la question du sens", qui a "déserté le débat politique".

Monseigneur Pontier l'a annoncé, il compte bien offrir ce livre "aux élus avec lesquels il travaille".

Marine Henriot, avec AFP