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Caricatures : la presse française entre critique et défense

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Charlie Hebdo et la publication des caricatures sont au coeur de tous les éditoriaux ce jeudi. Les uns brandissent la liberté d'expression, non marchandable, tandis que les autres accusent l'hebdo de "souffler sur les braises". Tour d'horizon de la presse quotidienne et régionale.

Unanime ou presque, la presse quotidienne et régionale évoque ce jeudi matin la publication des caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo. Si la plupart estiment que la liberté d'expression prime et "ne souffre pas de l'exception", une partie des éditorialistes regrette tout de même la décision de l'hebdo satirique.

Le journal catholique La Croix déplore ainsi de voir l'hebdomadaire satirique "souffler sur les braises pour afficher sa noble résistance aux extrémismes" car cela "conduit à blesser de simples croyants et à ruiner les efforts de ceux qui tentent de faire vivre dans notre pays un islam respectueux des lois de la République", écrit Dominique Quinio, qui "rêverait qu'à la provocation, réponde une sage indifférence".

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"De l'huile sur le feu"

Le Monde estime lui aussi que "les caricatures incriminées sont de mauvais goût, voire affligeantes. Elles sont surtout publiées à un moment qui va contribuer sciemment à mettre de l'huile sur le feu" après une semaine de violences dans le monde provoquées par un film islamophobe.

"En appeler au sens des responsabilités des dessinateurs, leur demander d'y réfléchir à plusieurs fois avant de publier, les exhorter à prendre en compte le contexte géopolitique comme s'ils étaient porte-parole du Quai d'Orsay, c'est mettre le doigt dans un engrenage dont le premier cran est l'autocensure et le dernier la capitulation", tranche Nicolas Demorand dans Libération, dont le journal avait accueilli Charlie Hebdo après l'incendie criminel de ses locaux en novembre 2011 après la parution d'un numéro spécial baptisé "Charia Hebdo".

"La liberté de parole n'est pas un gadget pour Occidentaux repus"

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La "solidarité corporatiste", pour reprendre les mots de Jacques Camus dans La République du Centre, fonctionne elle aussi à plein parmi les éditorialistes de la presse régionale au nom des grands principes rappelés avec force.

"Au pays de Voltaire, qui n'eut de cesse de combattre l'obscurantisme religieux, la cause de Charlie Hebdo ne se marchande pas", martèle Ivan Drapeau dans La Charente libre.

"La liberté de parole n'est pas un gadget pour Occidentaux repus. Mais bel et bien une valeur commune et un droit universel", renchérit Patrick Pépin de Nord Eclair.

Pour Rémi Godeau de l'Est républicain, "la liberté d'expression ne souffre pas l'exception" et "seule la loi de tous peut mettre le holà à ce droit fondamental. Pas les fondamentalistes".

"Apprentis sorciers"

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"Quand bien même les caricatures de Charlie Hebdo seraient plus douteuses que drôles, et elles le sont, le droit d'écrire, de montrer ou de se moquer est imprescriptible", fait valoir Daniel Ruiz dans La Montagne, qui regrette néanmoins de voir Charlie Hebdo "jouer les apprentis sorciers". Pour Francis Brochet dans Le Progrès, les nouvelles caricatures arrivent comme des "étincelles sur un baril de poudre".

Jacques Camus, de La République du Centre, juge que "l'usage de la liberté satirique ne saurait se pratiquer en méconnaissance d'un danger potentiel lié à un contexte. Le moment n'était assurément pas bien choisi".

"Ailleurs, des vies sont en jeu. N'est-elle pas là, la limite ?", demande Olivier Pirot dans La Nouvelle République du Centre Ouest.