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Affaire Preynat: contesté en justice, un recueil de témoignages de victimes retiré de la vente

François Devaux, le cofondateur de la Parole libérée.

François Devaux, le cofondateur de la Parole libérée. - Romain Lafarbergue - AFP

La maison d'édition a indiqué dans un communiqué ce vendredi avoir pris la décision de retirer de la vente le livre Abusés, au cœur d'un conflit juridique.

A quelques jours du début du procès de l'ex-prêtre Bernard Preynat, le livre Abusés avait semé la discorde parmi les victimes. Soutenu par l'association La Parole Libérée, ce recueil de témoignages devait être publié le 10 janvier prochain. Mais deux victimes s'étaient opposées à la publication et avait assigné l'association ainsi que l'éditeur parisien devant le tribunal de grande instance de Lyon.

Un livre "voulu par les victimes"

Les plaignants reprochent à François Devaux, cofondateur de La Parole Libéré, créée fin 2015 quand l'affaire Preynat avait éclaté, d'avoir donné son accord, sans consulter les victimes, pour la reproduction de leurs témoignages, auparavant publiés à leur demande sur le site internet de l'association. 

Dans son communiqué, la maison d'édition rappelle que "ce livre a été voulu par des victimes, pour des victimes". Il avait pour objectif de donner la parole aux victimes et proches de victimes et "d'inciter toutes les autres victimes comme elles, les sans voix, les sans procès, à prendre la parole".

"Nous avons donc été stupéfaits d’apprendre, le 26 décembre, par BFMTV, que deux des personnes dont les témoignages étaient reproduits dans ce recueil demandaient l’interdiction du livre. Et ce, pour des motivations visiblement étrangères à son contenu et à son objet, comme l’ont souligné les articles publiés sur cette procédure", écrit l'association.

Un autre projet en préparation

En retirant le livre de la vente, la maison d'édition dit vouloir "tenter de mettre un terme à la médiatisation massive de cette affaire nourrie d'échanges virulents auxquels l’audience de référé du 6 janvier 2020 risquait de donner une ampleur nouvelle". 

Par ce geste, elle dit aussi vouloir "replacer l'intérêt supérieur des victimes de pédocriminalité au centre des débats et au-dessus des rivalités personnelles". 

La maison d'édition précise par ailleurs qu'elle n'abandonne pas pour autant le projet. "Nous donnerons forme et vie à un nouvel ouvrage dans les mois qui viennent avec les victimes qui nous ont fait confiance et avec toutes celles qui voudront bien les rejoindre". 

Benjamin Rieth