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Refus de la 9e demande de libération de Georges Ibrahim Abdallah

Georges Ibrahim Abdallah a passé trente années en prison pour complicité d'assassinat de deux diplomates.

Georges Ibrahim Abdallah a passé trente années en prison pour complicité d'assassinat de deux diplomates. - Laurent Dard - AFP

Le révolutionnaire libanais pro-syrien présentait mercredi une neuvième demande de liberté conditionnelle, après avoir passé trente ans en prison.

Georges Ibrahim Abdallah restera en prison. Après trente années passées derrière les barreaux, l'un des plus vieux prisonniers de France s'est vu refuser sa demande de libération conditionnelle par le tribunal d'application des peines de Paris. La neuvième.

La justice a une nouvelle fois estimé que la demande du militant révolutionnaire libanais pro-syrien, libérable depuis quinze ans, était irrecevable au motif qu'il n'avait pas fait l'objet préalablement d'un arrêté d'expulsion. 

Le tribunal a également rejeté la demande de bénéficier d'une année probatoire, préalable à une libération. La justice a estimé que le prisonnier n'avait pas présenté de projet à l'appui de sa requête. 

Décision politique

Arrêté à Lyon le 24 octobre 1984, Georges Ibrahim Abdallah, ex-chef des Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL), avait été condamné à perpétuité en 1987 pour complicité dans les assassinats de deux diplomates, l'Américain Charles Robert Ray et l'Israélien Yacov Barsimantov, en 1982 à Paris.

Aujourd'hui âgé de 63 ans, ce révolutionnaire, soutenu par de nombreux militants proches de l'extrême gauche, n'exprime toujours aucun regret pour ses crimes. Son avocat a dénoncé une décision sous influence politique.

Demande d'arrêt d'expulsion

En 2013, après le rejet d'une énième demande de liberté, l'avocat de Georges Ibrahim Abdallah, Me Chalanset, avait demandé à Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, de prendre un arrêté d'expulsion qui permettrait la libération de son client. Une demande restée sans réponse. "Le pouvoir exécutif empiète sur la justice, qui a estimé qu'il pouvait bénéficier d'une libération conditionnelle s'il était expulsé", a-t-il assuré.

L'avocat dénonce un acharnement politique, estimant que Georges Ibrahim Abdallah a purgé sa peine. "Une nouvelle fois, les Etats-Unis ont imposé au gouvernement français leur volonté de se venger", conclut-il.

J.C. avec AFP