BFMTV

"Quenelle" de deux lycéens : "On avait fait un pari"

-

- - -

Les faits se sont déroulés début décembre, dans un lycée de l'Essonne. Une enseignante a porté plainte pour "apologie de crime contre l'humanité".

Accusés d'apologie de crime contre l'humanité. Deux lycéens ont été brièvement placés en garde à vue lundi soir pour la photographie d'une "quenelle" à l'intérieur de leur établissement scolaire, a-t-on appris mardi de source judiciaire confirmant une information de France Culture.

L'un des deux lycéens, qui font l'objet d'une plainte pour apologie de crime contre l'humanité déposée par un enseignant, s'est fait photographier par son camarade alors qu'il réalisait ce geste de ralliement à Dieudonné souvent perçu comme antisémite. En outre, le lycéen posait devant un ananas, référence à la chanson "Shoah nanas" chantée par Dieudonné, parodie polémique du titre de "Chaud cacao" d'Annie Cordy.

"On avait fait un pari avec deux amis", explique Aurélien, qui a pris la photo. "On pensait juste que c'était un geste anti-système", explique-t-il sur RMC, "c'était pour se rebeller un petit peu et pouvoir être publiés sur internet".

Quelques semaines après les faits, le jeune homme de 17 ans regrette son acte."On a très vité été accusés d'avoir fait un geste antisémite. Si c'était à refaire je ne le referais pas, mais à la base je n'ai pas réfléchi (...) Si j'avais su tout ce que cela allair engendrer je ne l'aurais pas fait."

Les faits se sont déroulés début décembre au lycée Rosa-Parks de Montgeron, dans l'Essonne.

Une photo échangée entre élèves

La photo a ensuite fait l'objet d'un montage où n'apparaît pas le visage du lycéen, selon la source judiciaire. Elle aurait ensuite été échangée entre élèves via des messages téléphoniques. L'enquête de police n'a pas encore pu établir si celle-ci a été diffusée via les réseaux sociaux.

Avertie par un autre élève, leur professeur de mathématiques, Mme Volcot-Cohen, s'estimant visée par le photo-montage a alerté le proviseur avant de porter plainte et une enquête a été ouverte par le parquet d'Evry.

Lundi soir, les deux lycéens, Aurélien et Gulchen, ont été auditionnés pendant 4h30, sous le régime de la garde à vue par des policiers du commissariat de Montgeron avant d'être remis en liberté.

Agnès, la mère d'Aurélien, témoigne également ce mercredi sur RMC : "J'ai appris qu'il y aurait un conseil de discipline et qu'Aurélien et son camarade pourraient être expulsés. J'ai ensuite été contactée lundi par le commissariat, où j'ai dû me rendre". Agnès explique que son fils "n'a pas fait le lien" entre son geste et le nom "Cohen" et et considère l'affaire "disproportionnée", indiquant qu'elle aurait préféré "le dialogue".

Si la qualification retenue pour la garde à vue reprenait celle de la plainte de l'enseignante, à savoir apologie de crime contre l'humanité, elle ne présage en rien de la nature des futures poursuites à l'encontre de ces jeunes, a précisé le parquet d'Evry.

La Rédaction avec A. Rosique