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Quels sont les scénarios possibles pour le retour des élèves français à l’école?

Image d'illustration d'enfants dans un collège

Image d'illustration d'enfants dans un collège - Jeff Pachoud - AFP

Un temps envisagé, la réouverture des écoles le 4 mai n'apparaît plus comme le scénario privilégié. Du côté de l'exécutif, on réfléchit à un report des examens en septembre et à une fermeture des établissements scolaires jusqu'à l'été, en fonction de l'évolution de l'épidémie sur le territoire.

Depuis le 16 mars, les quelques 12 millions d’élèves français sont, en raison du coronavirus, contraints de poursuivre les cours à la maison. La réouverture des écoles, un temps envisagée le 4 mai, n’apparaît plus comme le scénario privilégié. Différentes options sont à l’étude, parmi lesquelles celle d’une fermeture des établissements jusqu’aux vacances d’été.

  • Une rentrée le 4 mai, "un scénario, pas plus, pas moins"

Lors des premiers jours de confinement, le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, avait avancé l’idée d’un retour sur les bancs de l’école le 4 mai. Lundi, au micro d’Europe 1, ce dernier s’est montré bien plus évasif, affirmant qu’il s’agissait d’"un scénario, pas plus, pas moins."

“C'est une possibilité, ça dépend de l'évolution de l'épidémie. J’espère qu’on sera en mesure de rentrer le 4 mai (…) Il faudrait que le pic de l’épidémie soit derrière nous à ce moment-là. (...) Ce sera peut-être plus tard", a déclaré le ministre.

Du côté de l'exécutif, on reconnaît que l’école est l’une des questions les plus épineuses du déconfinement. “C’est un gros sujet”, glisse à BFMTV un ministre en première ligne.

“Est-ce qu’on ouvre d’abord les collèges, les lycées? L’école primaire c’est encore plus compliqué: au CP, faire appliquer les gestes barrière est très difficile.”
  • Faire passer les examens en septembre?

La peur d’une seconde vague d’épidémie est dans tous les esprits, ce qui pousse certains à envisager un prolongement des mesures de confinement jusqu’en juillet. Ce qui inclut donc une fermeture des établissements scolaires jusqu’à l’été. Avec ce scénario, les élèves accumuleraient un retard considérable dans l’apprentissage du programme. 

De même, la tenue des examens de fin d’année, comme le brevet et le baccalauréat fin juin, apparaît alors difficile. Même si du côté de l'Education nationale on met tout en oeuvre pour que cela se déroule avant l'été. L'année passée, le brevet a déjà dû être décalé, à cause des fortes chaleurs, mais d'une semaine seulement. Localement, certains avaient pu passer ce diplôme lors d'une session en septembre. 

De là à envisager un baccalauréat reposant seulement sur les notes de contrôle continue? Jean-Michel Blanquer, qui a garanti que le baccalauréat se tiendrait bien cette année, a admis “qu’il y aura forcément une dose de contrôle continu.” Et d’ajouter; “La question c'est: à quel point met-on le curseur?” 

  • La piste de jurys dématérialisés

Un membre de l’exécutif indique à BFMTV que le gouvernement réfléchit également à l’idée “de jurys dématérialisés, voire d’oraux en visioconférence. L’Education nationale travaille sur différents scénarios. C’est la seule façon d’être prêts quand le déconfinement commencera.” 

La France n’est pas la seule à envisager une fermeture des écoles jusqu’en septembre. Le maire de New York Bill de Blasio, qui a fermé les 1800 écoles publiques de la ville depuis le 16 mars, a également avancé l’idée d’une réouverture à la rentrée prochaine. En Suisse également, plusieurs cantons admettent que l’hypothèse est sur la table.

A l’inverse, la Chine rouvre progressivement depuis le 13 mars des écoles, selon Euronews. Avec toutefois des mesures très strictes: la “division d’élèves en groupes séparés”, “des horaires échelonnés”, le nettoyage des salles de cours “trois fois par jour” et des bâtiments équipés de “thermomètre infrarouge pour vérifier la santé des enfants”. Difficile d’envisager un dispositif comparable dans les écoles françaises. 

Esther Paolini, Anne Saurat Dubois et Agathe Lambret