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Que peut-on attendre de l'autopsie du corps de Steve Maia Caniço ?

L'IGA devra déterminer les chaîne de responsabilité dans l'organisation du concert à Nantes le soir de la fête de la musique. - AFP

L'IGA devra déterminer les chaîne de responsabilité dans l'organisation du concert à Nantes le soir de la fête de la musique. - AFP - -

Une autopsie réalisée mardi 21 juillet a permis d'identifier que le corps retrouvé dans la Loire était bien celui de Steve Maia Caniço. Mais ces examens vont-ils permettre de dire ce qui est arrivé à cet animateur périscolaire de 24 ans qui n'avait plus donné de signe de vie depuis le soir de la fête de la Musique?

L'autopsie du corps de Steve Maia Caniço, retrouvé dans la Loire, a été réalisée mardi 21 juillet dernier dans l'espoir d'en apprendre davantage sur les circonstances et les raisons de sa mort du jeune Nantais. Celui-ci avait disparu depuis le soir de la fête de la Musique à Nantes, là où avait eu lieu une opération de police controversée. 

Si ces examens médicaux-légaux ont d'ores-et-déjà permis d'identifier avec certitude qu'il s'agissait bien du jeune homme de 24 ans, ils ne devraient pas permettre de révéler la présence de gaz lacrymogène. Les gaz lacrymogène auraient poussé les gens, tentant d'y échapper, à sauter à l'eau le soir de la Fête de la musique. "Il y a un questionnement sur l'utilisation des lacrymogènes (...) sur l'opportunité d'avoir déclenché l'usage des lacrymogènes", ce soir-là, a déclaré Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur.

Alain Baert, docteur à l'Institut médico-légal du CHU de Rennes et expert près la cour d'appel affirme que cette autopsie pourrait probablement permettre de dire de quoi Steve Maia Caniço est mort, mais il assure que celle-ci ne permettra en aucun cas de révéler la présence de gaz lacrymogène.

"La difficulté, ce n'est pas ce que l'on constate mais l'interprétation que l'on en fera"

Pour lui, il n'y a "aucune chance que l'on trouve des traces de gaz lacrymogène" lors de l'autopsie. "Ce sont des produits qui ne pénètrent pas dans l'organisme. Si ces produits font d'autres lésions, c'est par contact avec la peau, mais on ne va rien trouver. Dans ces produits, le rinçage avec l'eau (...) donne une décomposition de la substance. Le flux d'eau dissout et élimine".

Alain Baert affirme également que "l'autopsie ne permettra pas non plus de dire si la victime a paniqué ou si la mort a été violente". "La cause va se dire avec les circonstances. Mais la première cause de noyade est le fait de ne pas savoir nager (ce qui était le cas de Steve Caniço). Il s'agit ensuite de voir s'il n'y a pas la co-exposition à un toxique: ne pas savoir nager et l'alcoolisation. La température de l'eau joue aussi. Le froid, en altérant les fonctions motrices, la vigilance".

"La constatation technique donnera lieu a un rapport", explique le médecin. "La difficulté, ce n'est pas ce que l'on constate mais l'interprétation que l'on en fera: les conclusions collent-elles avec l'hypothèse des enquêteurs et le déroulé des faits, ou y a-t-il quelque chose qui cloche?".

Par ailleurs, le médecin explique que l'état de dégradation avancé dans lequel a été retrouvé le corps du jeune Nantais va compliquer la tâche. "Dans le cas présent, la difficulté est probablement la dégradation du corps dans un séjour prolongé dans un milieu naturel et par l'action extérieure de différentes choses: le corps a dû être bloqué, on peut le cogner sans le savoir, par la coque d'un bateau, il peut y avoir l'action de la faune. À partir du moment où il y a dégradation, la faune s'y précipite", détaille Alain Baert.

Jeanne Bulant avec AFP