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Mort de Steve Maia Caniço: les dirigeants de l'IGPN s'expliquent sur les conclusions de l'enquête

Dans un long entretien accordé à Libération, la directrice de l'IGPN et le chef de l'unité de coordination des enquêtes justifient les conclusions d'un rapport très critiqué.

Depuis la publication des neuf pages de synthèse de l'enquête sur l'opération menée le soir de la mort de Steve Maia Caniço, les critiques s'accumulent contre le travail mené par l'Inspection générale de la police nationale. Rendu public mardi dernier, le document n'établit aucun lien entre la chute de plusieurs personnes dans la Loire le soir de la Fête de la musique et l'intervention des policiers.

Dans un entretien à Libération publié ce dimanche soir, Brigitte Julien, directrice de l'Inspection générale de la police nationale et David Chantreux, chef de l'unité de coordination des enquêtes affirment n'avoir "jamais eu la volonté de blanchir qui que ce soit". 

"Quand j’allume la radio et que j’entends que c’est terminé, que l’IGPN a complètement dédouané les forces de police et que c’est la fin de l’histoire, moi aussi je m’insurge. Je comprends que quand on leur dit ça, les gens soient en colère. Mais ce n’est pas la réalité", répond David Chantreux face aux critiques. 

"On ne dit pas 'circulez, y a rien à voir' !"

Les deux responsables de l'IGPN affirment que l'enquête administrative ne pouvait pas faire "toute la lumière" sur ce qui s'est passé dans la nuit du 21 au 22 juin à Nantes.

"Cela veut dire qu’on doit faire ce qu’on peut avec les moyens dont on dispose dans le cadre d’une enquête administrative. Et ce ne sont pas des moyens de police judiciaire", poursuit David Chantreux, qui rappelle qu'il "n’est par exemple pas possible d’accéder aux procès-verbaux de plainte". 

"On ne dit pas qu’il n’y a aucune possibilité qu’il y ait un lien entre la chute de Steve et l’intervention de police, ou que la victime est tombée pour une tout autre cause. On dit simplement qu’on n’a pas établi un lien avec les moyens d’une enquête administrative", David Chantreux.

"On ne dit pas 'circulez, y a rien à voir' ! Bien évidemment, on pourra accéder à des tas d’autres éléments dans l’enquête judiciaire", complète Brigitte Julien.

Pour la directrice de l'IGPN, l'emploi de la force était légitime "en réaction à des jets de projectiles". "A partir du moment où ils prennent ces projectiles, pour nous, juridiquement, ils sont légitimes à riposter. Mais ça aussi, ce sera abordé dans le cadre de la procédure judiciaire, la question n’est pas fermée à jamais", précise David Chantreux. 

Benjamin Rieth