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Qu'est ce que l'Urbex, l'exploration urbaine de plus en plus populaire sur les réseaux sociaux?

Des urbexeurs sur la cathédrale de Strasbourg

Des urbexeurs sur la cathédrale de Strasbourg - YouTube

La pratique de l'Urbex peut être sévèrement réprimandée par la loi, puisque pénétrer avec ou sans effraction dans le bien d'autrui est puni par l’article 226-4 alinéa 1er du code pénal.

Ce vendredi, aux premières heures de la matinée, un jeune homme de 21 ans est mort en chutant de trois étages alors qu’il participait à une séance d’Urbex dans un immeuble de la ville de Lyon, en compagnie de l’un de ses camarades. Contraction anglophone d’Urban exploration (exploration urbaine, ndlr), l'Urbex, activité potentiellement dangereuse si elle n’est pas bien encadrée, connaît une grande popularité depuis maintenant plusieurs mois.

En quoi consiste-t-elle? Comme son nom l’indique, il s’agit de visiter des bâtiments construits par l’homme, la plupart du temps difficiles d’accès (stations de métro, catacombes etc…). Ainsi, les lieux privilégiés par les urbexeurs, néologisme apparu récemment, sont les lieux abandonnés (entrepôts, usines, maisons...) appréciés par les photographes, mais aussi, comme dans le cas lyonnais, les toits d’immeubles.

Activité de plus en plus populaire

Bien que l’intrusion dans des lieux privés soient strictement interdite par la loi, l’Urbex est régie par de nombreuses règles tacites entre explorateurs. Ainsi, parmi ces "lois", il est formellement interdit de divulguer l’emplacement d’un lieu visité, mais aussi d’endommager le bâtiment pour y rentrer. De plus, il est défendu d’emporter un "souvenir" de l’exploration, le lieu devant rester intact. Malheureusement, ces vœux pieux sont souvent bafoués par des casseurs qui profitent de l’ouverture de certains lieux pour détruire mobilier et vitres.

Ces dernières années, l’explosion d’urbexeurs sur les réseaux sociaux a terminé de populariser l’activité, et de la faire connaître au grand public. Une simple visite sur YouTube permet de voir la popularité des vidéos de visite urbaine, visionnées parfois des millions de fois. Il y a plusieurs années, l’un des plus célèbres youtubeurs français, Squeezie, s’était lui-même adonné à l’activité en visitant les catacombes parisiennes en compagnie d’urbexeurs chevronnés.

Sur Instagram aussi, la popularité est de plus en plus forte. Le hashtag #urbex regroupe 6,6 millions de publications.

Free-climbers et Sûreté de l'État

Dernièrement, l'actualité a remis l'Urbex sur le devant de la scène. A la suite de l'incendie de Notre-Dame de Paris, plusieurs vidéos montrant des free-climbers, comprendre des adeptes de sensations fortes qui escaladaient le bâtiment religieux, avaient fait polémique, remettant en cause la sécurité du site. 

De plus, la cathédrale parisienne n'est pas la seule concernée par ce phénomène. Plusieurs vidéos, encore publiés sur Youtube, montrent des free-climbers, parfois très jeunes, escalader la cathédrale de Strasbourg jusqu'à sa flèche

La pratique de l'Urbex peut être sévèrement réprimandée par la loi, puisque pénétrer avec ou sans effraction dans le bien d'autrui est punie par l’article 226-4 alinéa 1er du code pénal d'une an d'emprisonnement et de et de 15.000 euros d’amende. Pire, si les lieux visités sont répertoriés sensibles (base militaire, entre autres), les faits peuvent être requalifiés en atteinte à la Sûreté de l'État. 

Hugo Septier