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Pyrénées-Orientales: des vignerons japonais risquent d'être expulsés faute de ressources suffisantes

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- - RAYMOND ROIG / AFP

Un couple de vignerons japonais installé depuis 2016 à Banyuls-sur-mer, dans les Pyrénées-Orientales, s'est vu notifier par la préfecture une obligation de quitter le territoire, faute de ressources suffisantes pour obtenir un titre de séjour.

Deux vignerons japonais installés dans les Pyrénées-Orientales risquent d'être expulsés du territoire national, faute de ressources jugées suffisantes. "Selon [la préfecture], le couple ne gagne pas 2000 euros par mois et leur activité n'est donc pas viable", a expliqué Me Jean Codognès, l'avocat du couple. 

Il souligne que seule une cuvée de leur vin, celle de 2017, a été commercialisée, et a rencontré un important succès, ayant été servi à des tables prestigieuses comme Can Roca à Gérone, en Espagne, régulièrement reconnu meilleur restaurant du monde, ou encore Le Verre Volé à Paris.

La seconde cuvée à venir, dont 75% de la production serait déjà réservée, ne leur permettrait toutefois probablement pas de dépasser le revenu de 2000 euros requis par la loi française, car ils ne bénéficient d'aucune aide (du fait de leur nationalité), dans un secteur où le revenu moyen, aides comprises, est inférieur à 1000 euros.

Le perfectionnisme japonais au service d'un vin français 

Rie Shoji, 42 ans, et Hirofumi Shoji, 38 ans, sont arrivés en France en 2011, décidés à devenir vignerons. Après avoir travaillé comme ouvriers agricoles ou cavistes dans le bordelais et en bourgogne, ils ont passé les diplômes de responsable d'exploitation agricole et de technicienne en oenologie à Dijon. 

En 2016, ils se sont lancés, en achetant pour 150.000 euros les 3,5 hectares du vignoble "Predres Blanques" (pierres blanches). Leur idée: un vin nature, biologique, dans un secteur géographique où tout se fait à la main. 

"Qualité de raisin, choix pertinent de la date de vendanges, précision et perfectionnisme typiquement japonais dans la vinification. Ce serait vraiment une grande perte pour nous, collectivement, de les voir partir", a commenté dans le quotidien L'Indépendant Jean L'Héritier, organisateur du salon des vins nature à Perpignan.

Un recours a été déposé et sera étudié le 6 septembre par le tribunal administratif de Montpellier.