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Puy-Guillaume, le village qui dit non aux supermarchés

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RMC est partenaire d’un numéro spécial de Marianne qui sort ce samedi en kiosque, pour donner la parole à ces Français qui s’entraident, à ces initiatives de solidarité qui se développent partout en France. Exemple à Puy-Guillaume, en Auvergne, où le village préserve ses petits commerces contre les grandes surfaces.

Parce que « les Français sont formidables », RMC a décidé d’être partenaire d’un numéro spécial de Marianne qui sort ce samedi en kiosque pour donner la parole à ces Français qui s’entraident, à ces initiatives de solidarité qui se développent partout en France. Logement, santé, consommation éducation, sécurité… nombreux sont ces citoyens qui s’organisent pour faire face à la crise.

Des petits commerçants qui se qualifient de « résistants »

Exemple avec le village de Puy-Guillaume, dans le Puy-de-Dôme, qui dit non depuis 30 ans à l'implantation d'un supermarché sur ces terres. C'est Michel Charasse, l'ancien maire socialiste, aujourd'hui membre du Conseil Constitutionnel, qui a instauré cette règle, pour ne pas voir les commerces de sa ville fermer les uns après les autres. Et ça marche. Dans ce village de 2 600 habitants, il y a deux boulangeries, une chocolaterie, deux fleuristes, des coiffeurs ou encore cinq bistrots, ouverts tous les jours. Il y a aussi le magasin de fruits, légumes et fromages de Stéphane Gardet, qui se qualifie de « résistant. On fait des efforts : qualité, proximité, prix. On se sert chez les artisans et agriculteurs locaux, et ça passe directement du producteur au consommateur ». La première grande surface est à quinzaine de kilomètres, à Saint-Yorre. C’est pourtant de là que vient Nadine, qui a fait tous ces kilomètres pour venir acheter ses fraises chez Stéphane Gardet : « On a vu que c'était des fraises pleins-champ et des fraises françaises ».

« On peut satisfaire la clientèle sans avoir les gros étalages de supermarché »

De bons produits, cultivés et produits localement, voilà la recette gagnante de ces commerces de proximité. C’est ce qu’explique parfaitement Christian Munoz, l'un des deux bouchers du village : « Dans le coin on a quand même de la bonne viande, on a des fromageries artisanales, des maraîchers qui servent le primeur. On est en plein cœur de l'Auvergne où on a des produits ruraux. On peut satisfaire la clientèle sans avoir les gros étalages de supermarché. On n'empêchera jamais les gens d'aller au supermarché, ce n'est pas le but non plus de Puy-Guillaume. Le but c'est d'être à l'écoute de ceux qui veulent des produits différents des grandes surfaces, avec un autre accueil certainement, et une autre qualité, tout simplement ».

« Les grandes surfaces tuent le petit commerce »

Et pourtant la pression est forte de la part des enseignes de supermarché. Nadine Chabrier, l’actuelle maire (sans étiquette) de Puy-Guillaume, a reçu des dizaines de propositions de la grande distribution, mais elle les a toutes rejetées : « Quand j'ai reçu les personnes des grandes enseignes qui venaient me proposer des grandes surfaces, ils m'ont dit que cela allait donner une impulsion à mon commerce local, et que si des petits commerces étaient amenés à fermer ils seraient de toute façon réemployes dans leurs supermarchés. Je n'ai pas du tout été convaincue. Je reste persuadée, mais c'est mon sentiment personnel, que les grandes surfaces tuent, ou en tout cas n'accompagnent pas le petit commerce local. Je pense que le modèle qui a été mis en place à Puy-Guillaume est un modèle intéressant qu'il faut préserver ».

Retrouvez cette initiative de Puy-Guillaume, et bien d’autres, dans le numéro spécial de Marianne ne partenariat avec RMC, en kiosque ce samedi.

Philippe Gril avec Gwenaël Windrestin