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Pelloux sur "Charlie Hebdo": "Continuer à faire un journal qui soit drôle"

Patrick Pelloux, urgentiste et chroniqueur pour Charlie Hebdo.

Patrick Pelloux, urgentiste et chroniqueur pour Charlie Hebdo. - BFMTV

Patrick Pelloux était l'invité lundi de Ruth Elkrief sur BFMTV. Un mois après la fusillade à Charlie Hebdo, les caricaturistes et journalistes préparent le prochain numéro. Le chroniqueur promet que Charlie n'en a pas fini de "faire rire les gens".

"Comment on va? On essaye de tenir." Alors que l’équipe de Charlie Hebdo prépare le prochain numéro du journal satirique – à paraître le 25 février – Patrick Pelloux, urgentiste et chroniqueur du journal satirique, était l’invité de Ruth Elkrief sur BFMTV ce lundi. Il décrit l’atmosphère qui règne dans la salle du "hublot", à Libération, où chacun s’est remis à la tâche après la fusillade du 7 janvier.

"On a vécu des moments tellement extraordinaires… Et maintenant, on continue. On continue à faire un journal qui soit drôle", a-t-il assuré. "Charlie Hebdo va fonctionner, on va faire rire les gens, on va faire de l’information et on travaille. Parce que d’avoir assassiné des journalistes, puis après avoir commis un attentat antisémite, ça veut dire des choses. Ca veut dire qu’on doit continuer. "

L’urgentiste a précisé que Charlie Hebdo ne cessera pas les caricatures de policiers et militaires. "Il faut rire de tout, c’est important!", a-t-il insisté. "Les meilleurs philosophes sont ceux qui font rire. (...) Au moment de la Commune, en 1871, il y avait 200 journaux de caricatures, pendant que Paris luttait et qu’il y avait une guerre civile. C’est dans l’histoire de notre pays. Le dessin de presse est fondamental."

"On s'engueule, on se marre"

En janvier, Charlie Hebdo est passé de 10.000 à 200.000 abonnés. Un défi pour ce journal satirique, qui ne paraissait chaque semaine qu’à 30.000 exemplaires. "On a un devoir c’est de faire un beau journal. On a une rédaction qui travaille. On a repris de bonnes habitudes on s’engueule, on se marre, et c’est parti comme ça."

Ont-il peur? Non, "parce qu’on ne peut pas avoir peur", affirme-t-il. "Si on a peur, ils ont gagné. Et ça, ça veut dire quoi? Ca veut dire qu’on se baisserait par rapport au terrorisme et au fascisme? Non. On reste dans la culture, on reste dans l’histoire de notre pays. Il faut se souvenir de tous ceux qui se sont battus pour qu’on en arrive là, en 2015, libres, avec des droits. Il faut se battre. (…) Et tout le monde est acteur dans ce jeu."

pelloux: "il faut rendre le service civique obligatoire"

Patrick Pelloux s'est positionné lundi en faveur d'un service civique obligatoire. "La gauche doit se réveiller comme tous les républicains d’ailleurs, de droite comme de gauche, pour se dire on doit défendre les valeurs et l’histoire de notre pays", a-t-il affirmé.

"Je soutiens complètement ce qu’ils (le gouvernement) ont fait, parce qu’ils se sont battus et ont pris de bonnes décisions sur l’éducation. Bon, moi je pense honnêtement qu’il faut rendre le service public obligatoire. Il faut remettre des valeurs et défendre coûte que coûte la laïcité. (…) Là, si j’ai un reproche à leur faire, c’est qu’il faut mettre beaucoup plus en avant qu’il faut vaincre la crise sociale".

Aude Deraedt