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Paris, Lyon, Toulouse... Les agriculteurs en colère bloquent les routes ce mercredi

À l'appel de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs, 1000 tracteurs venus de toute la France sont attendus dans la capitale aujourd'hui. D'autres blocages sont prévus ailleurs dans l'Hexagone.

Préparez-vous à des ralentissements si vous prenez la route ce mercredi matin. Les agriculteurs prévoient de manifester en tracteurs dans toute la France, avec des opérations de blocage prévues à Paris, Lyon ou encore Toulouse, à l'appel de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs (JA).

Objectif: faire monter la pression sur des négociations commerciales avec la grande distribution et pour interpeller le gouvernement sur les difficultés quotidiennes relatives à leur métier.

De nombreux points de blocage

À Paris, Plus de 1000 tracteurs venus des régions Hauts-de-France, Normandie, Ile-de-France, Grand-Est, Centre-Val-de-Loire et Bourgogne-Franche-Comté sont ainsi attendus sur l'avenue Foch dans la matinée. En amont, ils ont prévu de se rassembler sur les principaux axes routiers menant à la capitale: les autoroutes A1, A4, A5, A6, A10, A11, A13, A14 et A15 et les nationales N1, N2, N12 et N20

En Rhône-Alpes, des agriculteurs de toute la région ont prévu de bloquer les accès autoroutiers de Lyon en trois points: au nord (Limonest), au sud (Ternay) et à l'est (Beynost). A chaque point, une cinquantaine de tracteurs devraient être positionnés, selon la FDSEA et les Jeunes agriculteurs (JA).

En Auvergne, des agriculteurs viendront des quatre départements auvergnats (Cantal, Puy-de-Dôme, Haute-Loire et Allier) mais aussi de la Loire et de la Creuse pour une action dans la matinée sur l'A71 près de Clermont-Ferrand. Des mobilisations sont également prévues à Toulouse et dans le Vaucluse, qui a prévu une "journée de deuil de l'agriculture vauclusienne".

"Nous voulons que les distributeurs jouent le jeu"

Cette nouvelle manifestation, c'est "pour l'efficacité des Etats généraux de l'alimentation, et pour l'arrêt des distorsions franco-françaises", a expliqué à l'AFP Christiane Lambert, présidente de la FNSEA.

La Loi dite Egalim, issue des Etats généraux de l'alimentation et mise en place en début d'année, était censée ramener du revenu dans les cours des fermes en rééquilibrant les relations commerciales, mais jusqu'ici les agriculteurs disent ne pas vraiment voir de différence. Les manifestants veulent donc mettre la pression sur la grande distribution et ses fournisseurs alors que viennent de commencer les négociations commerciales annuelles qui fixent les prix pour un an.

"Nous voulons que les distributeurs jouent le jeu et ne fassent pas comme a fait Lidl il y dix jours, du steak haché à 6,75 euros le kilo, ce qui est un profond scandale. C'est comme quand Carrefour avait fait le lait à 0,87 euro en bio l'année dernière", ajoute Christiane Lambert.

"Il faut que Macron réponde à nos questions"

Certains représentants syndicaux, critiques des accords de libéralisation commerciale de l'UE qui augmentent les importations agricoles et alimentaires en France, ont demandé à rencontrer le président de la République.

"Aujourd'hui on ressent l'obligation de monter jusqu'à Paris avec les tracteurs", assure un agriculteur parti d'Etampes (Essonne), sur BFMTV. "On a la forte impression que notre message ne sera pas entendu tant qu'on ne mettra pas les tracteurs dans Paris. Il faut qu'on soit prêts à se mettre quelques Parisiens à dos, il faut que notre message soit entendu, que Macron réponde à nos questions et que des mesures soient mises en place pour qu'on arrive à faire avancer le sujet".

"Le principal motif de colère est l'impression d'être abandonné à la fois par les politiques et par la société", explique pour sa part Guillaume Moret, 49 ans, exploitant dans le Val-d'Oise qui manifestera ce mercredi dans son tracteur, car "il y a beaucoup de dénigrement des agriculteurs par méconnaissance de notre métier".

"On veut une agriculture et une alimentation de plus en plus propres, or, on importe de plus en plus de produits traités. Nous, on a du mal à s'y retrouver", témoigne pour sa part Quentin Le Guillous, 29 ans, agriculteur à Houdan (Yvelines) qui part lui aussi pour Paris. Pour beaucoup d'entre eux, il est devenu impossible de vivre correctement de ce métier. Selon un rapport de l'INSEE, 20% des agriculteurs ont déclaré des revenus nuls en 2017.

Juliette Mitoyen avec AFP