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Paris: des parents s'inquiètent de la qualité des repas dans les cantines du 18e

Des parents d'élèves du 18e arrondissement déplorent la qualité des produits servis dans les cantines.

Des parents d'élèves du 18e arrondissement déplorent la qualité des produits servis dans les cantines. - Collectif "Les enfants du 18 mangent ça"

Des parents d'élèves se mobilisent contre les plats servis dans les cantines des écoles du 18e arrondissement de Paris. Photos à l'appui, ils dénoncent la qualité des aliments et ont lancé une pétition. La mairie revendique de son côté un cahier des charges "exigeant".

Les repas à la cantine ont rarement laissé de bons souvenirs, mais dans le 18e, des parents d'élèves sont partis en guerre contre des plats jugés médiocres, servis à leurs enfants. Une pétition lancée par le collectif "Les enfants du 18 mangent ça" a recueilli plus de 5.000 signatures sur le site Change.org. La quinzaine de parents regroupés dans ce collectif a entrepris de photographier les plats servis dans les cantines des écoles maternelles, primaires et des collèges du 18e arrondissement.

"A la vue de certaines photos, des parents ont été un peu troublés. Un jour on a servi des allumettes végétales qui nous ont paru bizarres. On a demandé la fiche technique et on a découvert que c'était de la poudre de blé, d'oeufs, de sucre, de malodextrine. Bref, un aliment hyper transformé", explique à BFMParis.com un membre du collectif. 

Des plats préparés plusieurs jours à l'avance

Cette maman cite aussi l'exemple de manchons de poulets "tout marron et qu'on croyait trop cuits, mais qui étaient en fait issus de poulets en batterie et plein de sucres". A l'origine, ces parents se sont intéressés aux plats de leurs enfants à l'approche de la fin du contrat entre le prestataire, la Sogeres, et la mairie d'arrondissement.

Les parents ont eu la possibilité à plusieurs reprises de visiter les installations où sont préparés les repas. A la différence d'autres arrondissements où certaines écoles disposent de leurs propres cuisines ou de plusieurs cuisines qui répartissent ensuite les repas, le 18e ne dispose que d'une cuisine centrale qui doit préparer chaque jour 14.000 repas.

"Elle est trop petite. Du coup on est en liaison froide, c'est-à-dire que les plats sont cuisinés 3 ou 4 jours à l'avance et on les réchauffe avant de les servir aux enfants. Pour les viandes, ça veut dire qu'elles sont réchauffées dans des fonds de sauce tout prêts, industriels et sucrés", poursuit-elle.

Des oeufs à la coque achetés déjà cuits

Sur le compte Facebook du collectif où les parents publient toutes les photos prises dans les cantines, une des illustrations les plus frappantes est celle d'oeufs à la coque, achetés déjà cuits et qui ne seront servis aux enfants que plusieurs jours plus tard. Même chose pour la préparation des lentilles, cuites deux jours avant d'être servies.

De façon générale, le collectif de parents regrette l'utilisation trop fréquente de produits transformés issus de l'industrie agroalimentaire plutôt que de produits frais. Estimant être mis à l'écart de l'élaboration du nouveau cahier des charges, ils ont décidé de s'en mêler.

"Ce n'est pas une démarche de bobos du 18e. C'est une démarche de parents du 18e qui se préoccupent de ce que mangent leurs enfants. On a aussi des pétitions papier qui viennent de la Chapelle ou des quartiers nord", nous précise-t-on encore. 

La mairie défend un cahier des charges "exigeant"

Dans un courrier adressé aux parents d'élèves, la Caisse des écoles, qui dépend de la mairie du 18e assure que le cahier des charges imposé au prestataire est "particulièrement exigeant tant sur la qualité des matières premières que sur la prise en compte du respect de l'environnement". Ce cahier des charges prévoit notamment de servir des viandes labellisées ou encore 45% de produits bio. Pour le collectif, ces exigences ne sont pas satisfaisantes.

"Ils servent par exemple du pain bio tous les jours, ça fait monter le pourcentage mais ce n'est pas suffisant. Concernant la viande labellisée, ça s'applique seulement sur certaines pièces. Par exemple oui la cuisse de poulet va être labellisée mais pas les manchons ou les nuggets." 

Ce jeudi, le maire du 18e arrondissement Eric Lejoindre a invité plusieurs parents d'élèves à venir déjeuner dans une cantine. Le collectif espère obtenir un rendez-vous plus approfondi avec l'élu. "On voudrait amender le cahier des charges et qu'on arrête de servir à nos enfants de la graisse hydrogénée ou du sucre en quantité", ajoute cette maman. Le nouveau cahier des charges doit être présenté début mars. Le nouveau contrat avec le prestataire sera conclu pour une durée de cinq ans. 

Carole Blanchard