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Paris: des imams lancent une "marche des musulmans contre le terrorisme"

Ils n'étaient qu'une trentaine samedi au départ des Champs-Elysées mais ils espèrent "lancer un mouvement d'ampleur en Europe"

Ils n'étaient qu'une trentaine samedi au départ des Champs-Elysées mais ils espèrent "lancer un mouvement d'ampleur en Europe" - AFP

D'ici au 14 juillet, une délégation d'imams venus de toute l'Europe sillonnera les récents théâtres d'attentats, de Berlin à Saint-Etienne du Rouvray, pour porter un message de paix.

Des imams français, mais aussi d'autres pays européens, ont lancé samedi à Paris une "marche contre le terrorisme" qui doit les mener en car en Allemagne et en Belgique.

Ils n'étaient qu'une trentaine samedi au départ des Champs-Elysées mais ils espèrent "lancer un mouvement d'ampleur en Europe". D'ici au 14 juillet, la délégation d'imams se rendra en car dans différents lieux marqués par des attentats: Berlin, Bruxelles, Saint-Etienne-du Rouvray, Toulouse et Nice.

Leur message est clair: il ne faut pas "associer les musulmans aux crimes commis au nom de l'islam", a déclaré l'imam Hassen Chalghoumi, à l'initiative de cette marche, soutenue par l'intellectuel Marek Halter.

Entouré d'une trentaines d'imams venus de différentes régions de France mais aussi d'Italie, du Portugal ou de Belgique, il a appelé "la société civile à la mobilisation" alors que les attentats jihadistes ont fait ces dernières années des centaines de victimes en Europe et que "7.000 jeunes sont partis en Irak ou en Syrie".

Connu pour ses prises de position contre l'islam intégriste et ses rapports d'amitié avec la communauté juive, qui lui valent critiques et menaces, l'ancien imam de Drancy (Seine-Saint-Denis) est largement rejeté par les responsables musulmans.

"Pas en notre nom"

Interrogé sur l'absence de fidèles au lancement de cette "marche des musulmans" et sur le rejet de son initiative par le Conseil français du culte musulman (CFCM, organe représentatif et premier interlocuteur du gouvernement), Hassen Chalghoumi a "refusé d'entrer dans une polémique", relevant qu'il fallait interroger les motivations de ceux qui "critiquent l'initiative d'une marche contre les barbares".

L'imam de Lisbonne, David Munir, a salué "une initiative historique en Europe". "Certains personnes commettent des crimes au nom de l'islam, nous sommes ici pour dire 'pas en notre nom'. Pas pour dire que l'islam est une religion de paix, ce que vous savez, mais pour dire que nous cherchons ici notre identité, une identité européenne".

D'autres ont appelé le gouvernement français à "prendre ses responsabilités" car "les idées extrémistes se nourrissent du malaise social qui existe dans nos banlieues".

C.R. avec AFP