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"On reste ouvert": ces bars et restaurants qui ne veulent pas se soumettre aux restrictions

Terrasse de bar parisien, le 23 juillet 2020

Terrasse de bar parisien, le 23 juillet 2020 - Christophe ARCHAMBAULT © 2019 AFP

Une manifestation s'est tenue hier à Paris et une autre ce vendredi à Marseille, pour dénoncer les mesures prises en raison de l'ampleur de l'épidémie de coronavirus.

Le couperet est tombé mercredi soir. Face à la reprise de l'épidémie de coronavirus, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé de nouvelles restrictions pour endiguer la prolifération du virus. Parmi ces mesures, la fermeture des bars et restaurants de la métropole d'Aix-Marseille et de Guadeloupe, dès ce samedi.

Dans onze autres métropoles - Paris, Lille, Toulouse, Saint-Étienne, Rennes, Rouen, Grenoble, Montpellier, Bordeaux, Lyon et Nice - placées en "zone d'alerte renforcée", les bars devront à compter de lundi fermer à 22 heures et la vente d'alcool sera limitée.

Dans le secteur de la restauration, de nombreux acteurs ne décolèrent pas, craignant pour leur commerce. La grogne s'est d'abord manifestée jeudi à Paris. Des tenanciers de bars se sont réunis devant la mairie de Paris, jetant symboliquement les clés de leur établissement en guise de protestation.

Ce vendredi matin, c'est à Marseille que la colère se fait entendre, avec un rassemblement devant le Tribunal de commerce, lieu symbolique où sont prononcées les mises en liquidation judiciaire.

"On demande à travailler"

Alors que les manifestants scandent "On reste ouvert", Anthony Beloque, gérant d'un restaurant, explique le sens de sa démarche sur BFMTV: "On demande à travailler. On ne demande pas plus", indique le commerçant, qui déclare vouloir rester ouvert malgré l'interdiction, dans un geste de désobéissance civile.

À Salon-de-Provence, également dans les Bouches-du-Rhône, le patron du restaurant "l'Authentik Salon" ne compte pas non plus fermer ses portes. S'il ne revendique pas la désobéissance civile, Henri Roveccio confie vouloir "faire entendre (sa) voix."

"On fait partie de ces professions qui ont été très impactées (...). C'est une hérésie pour moi de nous faire fermer encore 15 jours", affirme-t-il sur BFMTV, faisant valoir le soutien de nombreux clients. "On ne peut pas aujourd'hui nous priver de travail et de rentrée d'argent."

Remous chez les élus locaux

Plusieurs personnalités politiques marseillaises se sont émues de la décision du gouvernement et dénoncent un manque de concertation.

"Je n'appelle pas du tout à une désobéissance civile, (...) mais je pense qu'il faut que l'État revoie sa feuille de route", a plaidé la maire écologiste de Marseille Michèle Rubirola jeudi matin sur BFMTV.

Le président Les Républicains (LR) de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur, Renaud Muselier, a annoncé jeudi qu'il déposerait ce vendredi un recours en référé liberté afin d'empêcher la fermeture des bars et restaurants de la métropole d'Aix-Marseille. À Paris, la maire Anne Hidalgo a pointé des "mesures très restrictives" prises "sans concertation".

Contournements

Jeudi, le porte-parole du syndicat patronal GNI, qui représente les indépendants de l'hôtellerie et de la restauration, Franck Trouet, a dénoncé "une décision inique de la part du gouvernement".

À Paris comme à Marseille, des gérants de bar ont décidé de tenter de contourner la restriction. Dans la capitale, seuls les bars sont concernés, alors que dans les Bouches-du-Rhône, les restaurants sont aussi visés.

Le gérant du bar parisien "Les Timbrés", Quentin Leseche, a par exemple décidé de changer son activité d'ici lundi, et de transformer son bar en restaurant. "Si ça ne fonctionne pas, la boîte risque de disparaître d'ici la fin de l'hiver", s'inquiète-t-il sur notre antenne.

Auprès du Parisien, le gérant d'un bar du quartier des Batignolles raconte envisager de tirer son rideau tous les soirs à 22 heures, mais de permettre à quelques clients de rester consommer à l'intérieur.

Sur Twitter, Marine Le Pen s'est rangée du côté des bars et restaurants, craignant que la mesure puisse "tuer l'économie" et "plonger dans une grande difficulté des milliers de chefs d'entreprise et de salariés".

Olivier Véran est attendu ce vendredi après-midi à Marseille. Jeudi soir, le Premier ministre Jean Castex a annoncé une exonération de charges sociales et une augmentation du fonds de solidarité pour les bars et restaurants qui doivent fermer pendant 15 jours.

Clarisse Martin Journaliste BFMTV