BFM Business

Fermeture des bars et des restaurants: "une décision inique" pour les professionnels

Des policiers français de la brigade des débits de boisson patrouillent dans un bar de Bordeaux, sud-ouest, pour contrôler le respect des mesures anti-coronavirus, le 4 septembre 2020

Des policiers français de la brigade des débits de boisson patrouillent dans un bar de Bordeaux, sud-ouest, pour contrôler le respect des mesures anti-coronavirus, le 4 septembre 2020 - MEHDI FEDOUACH © 2019 AFP

Les mesures annoncées par le gouvernement prévoient la fermeture complète des établissements dans la métropole d'Aix Marseille et une fermeture à 22 heures, en "zone d'alerte renforcée" notamment à Paris.

"C'est une décision inique de la part du gouvernement qui ne cherche qu'à tenter de cacher son incapacité à gérer la crise", a déclaré à l'AFP Franck Trouet, porte-parole du syndicat patronal GNI, qui représente les indépendants de l'hôtellerie et de la restauration.

"C'est une mesure injustifiée car les contaminations surviennent dans le milieu privé et familial. Et c'est discriminatoire, parce qu'on nous stigmatise. Enfin, c'est contre-productif: en fermant nos établissements à 22h on pousse nos clients à faire la fête ailleurs: les plages et bords de fleuves tant qu'il fait beau, et demain les appartements privés", a-t-il ajouté.

Pour le syndicat patronal des indépendants du secteur, cette situation résulte de "l'incapacité du ministre de l'intérieur à faire respecter les règles: interdiction des rassemblements de plus de 10 personnes, de la consommation d'alcool sur la voie publique, distanciation sociale et port du masque".

Prise en charge des loyers et des charges fixes

"Nos établissements, eux, ont dépensé des millions d'euros pour respecter les protocoles, et on veut nous faire fermer ?", s'est interrogé Franck Trouet.

Reçus jeudi matin par le ministre de l'Économie Bruno Le Maire à Bercy, les professionnels ont demandé, pour les établissements contraints de fermer, "une prise en charge par l'État des loyers et des charges fixes", et pour ceux devant baisser le rideau à 22 heures, "une indemnisation de la perte d'exploitation", selon le responsable du GNI.

"Les bars et les restaurants ont besoin du soutien de l'Etat qui doit compenser totalement leur perte d'exploitation", a également tweeté le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux. "C'est urgent car c'est une question de survie", a-t-il ajouté. De son côté, François Asselin, président de la CPME, estime sur Europe 1 que ces décisions sont "un coup de massue" pour le secteur. De son côté, François Asselin, président de la CPME, estime sur Europe 1 que ces décisions sont "un coup de massue" pour le secteur.

"Aujourd'hui, le sol se dérobe sous leurs pieds parce que quand on ferme son activité, vous n'avez plus de recettes, vous n'avez plus de revenu, parce que ce sont des statuts d'indépendants, vous n'avez pas le droit à l'assurance-chômage", a déclaré le chef de cette organisation patronale représentant les PME.

Vague de faillites en octobre

"Pour les hôteliers, les bars et toute la filière amont, les fournisseurs, il faut tout simplement annuler leurs charges" et pas seulement les reporter, a-t-il demandé avant une réunion téléphonique à 11h30 du ministre de l'Economie Bruno Le Maire et du ministre délégué aux PME Alain Griset avec les représentants du secteur.

"Ils ne pourront pas rembourser, ou alors ça sera direction le tribunal de commerce et là, de toute façon, ils ne paieront pas", a estimé M. Asselin.

Il a aussi réitéré le souhait de la la Confédération des petites et moyennes entreprises "que les dettes sociales des indépendants soient considérées comme des dettes de la personne morale et non pas de la personne physique".

Pour l'ensemble des secteurs, le président de la CPME a prédit qu'à partir du 7 octobre prochain "vous allez voir la sinistralité des entreprises augmenter en flèche" avec la reprise de l'obligation de déclaration des cessations de paiements devant les tribunaux de commerce.

Evidemment les mesures annoncées hier (mercredi) soir ne vont pas aider à cette situation", a-t-il ajouté.

Face à une remontée du taux d'incidence du Covid-19 dans la métropole d'Aix-Marseille, et en Guadeloupe, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé mercredi des mesures très strictes dans ces deux régions, désormais placées en "zone d'alerte maximale": bars et restaurants sont contraints à une fermeture totale à partir de samedi.

Onze autre métropoles, dont Paris, ont été placées en "zone d'alerte renforcée", ce qui implique notamment la fermeture des bars à partir de 22 heures et la limitation des ventes d'alcool.

OC avec AFP