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"On a honte de venir": le confinement pousse de nouveaux demandeurs à se tourner vers les Restos du Coeur

La baisse d'activité pousse certains à franchir pour la première fois la porte des Restos du Coeur. C'est le cas à Paris de Claudia, nourrice à domicile qui témoigne.

La précarité gagne du terrain à cause de la crise sanitaire. Les associations voient arriver de plus en plus de familles en difficulté. C'est le cas dans le 18e arrondissement, dans un centre de distribution des Restos du Coeur. Devant le local, les demandeurs doivent patienter dans une file d'attente interminable.

Ce jeudi pour cette distribution, près de 200 familles sont ainsi venues chercher de quoi manger. C'est le cas de Claudia, nourrice à domicile, qui pour la première fois est venue demander de l'aide sur conseil d'une assistance sociale. Avec le confinement, cette maman n'a plus de travail. 

"J’avais un salaire à peu près de 1500 euros, le mois de mars j’ai travaillé au début, je n’ai eu que la moitié. Et ce mois-ci, je n'ai rien du tout", explique-t-elle. 

"On a honte de venir" 

Comme beaucoup de parents, elle vient demander de l’aide non pas pour elle mais pour son fils.

"Pour mon enfant de 10 ans qu’il puisse avoir bien à manger, des repas tous les jours. Si c’était pour moi je ne viendrais pas, on a honte de venir ici, mais comme on a besoin on doit le faire", résume Claudia. 

En France, les Restos du Coeurs ont dénombré 20% de bénéficiaires en plus depuis le confinement. Face à cet afflux, cette antenne parisienne a dû s’adapter et adapter ses critères de distribution. 

"Là c’est un accueil qui d’habitude est conditionnel, c'est-à-dire qu’on demande des conditions de revenus. Mais on a décidé d’élargir les barèmes pour que tous les gens qui souhaitent venir aux Restos du Coeur puissent être servis. Ce n'est pas forcément très agréable de venir attendre trois quart d'heure, une heure dehors pour avoir des colis alimentaires. On fait l’hypothèse que les gens qui viennent sont vraiment des gens qui en ont besoin" souligne Guilhem Tabarly, responsable des bénévoles pour les Restos du Coeur à Paris. 

Les Restos du Coeurs peuvent compter sur la solidarité. À Paris, ils ont reçu un millier de candidatures pour être bénévole depuis le début du confinement. 

Florian Chevallay, Garance Amespil avec Carole Blanchard