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Notre-Dame de Paris: la cathédrale n'avait jamais connu d'incendie majeur en 8 siècles d'histoire

Notre-Dame de Paris ravagée par un incendie

Notre-Dame de Paris ravagée par un incendie - SFR Presse

Des dizaines de millions de visiteurs se pressent chaque année pour découvrir Notre-Dame de Paris et son architecture gothique, rendue notamment célèbre par Victor Hugo. Un terrible incendie a détruit ce mardi 15 avril la charpente et la flèche du bâtiment. Depuis sa construction en 1220, la cathédrale avait échappé aux incendies et aux guerres.

On l’appelait la “forêt de Notre-Dame”. Cette charpente en bois datait de la construction de la cathédrale, autour de 1220. Depuis sa construction, Notre-Dame avait eu la chance de traverser les siècles sans connaître d’incendie destructeur. "La charpente du choeur et la charpente de la nef datent du premier quart du XIIIe siècle, avec des éléments en bois qui remontent peut être même au IXe et XIe siècles", expliquait ce soir sur notre antenne, l’historien Camille Pascal, déplorant "cette vision atroce" de la cathédrale en flamme.

Sauvée par Victor Hugo

Pendant la Révolution française, l’édifice sera victime de nombreux actes de vandalismes, visant surtout les statues, notamment celles ornant les portails. A la fin de l’année 1793, alors que le culte catholique est interdit dans Paris, la cathédrale devient un entrepôt.

En 1804, la cathédrale est rapidement "réparée" pour pouvoir y sacrer empereur Napoléon Bonaparte en décembre. En 1831, des émeutiers anti-légitimistes s’attaquent à Notre-Dame: ils pillent la sacristie et son trésor et brisent les vitraux. Vu l’état de la cathédrale, des responsables de Paris pensent alors que la seule solution est d’abattre totalement l’édifice.

C’est Victor Hugo qui sauvera le bâtiment. Amoureux de Notre-Dame, il décide de sensibiliser le public à ce bâtiment délaissé en publiant son célébrissime roman Notre-Dame de Paris paru en 1831.

Un incendie en 1871

De 1845 à 1864, la cathédrale est alors rénovée sous la direction du célèbre architecte Viollet-le-Duc. C’est à ce moment que la flèche qui s’est effondrée ce lundi soir est construite. Elle avait été réalisée par les ateliers Monduit au milieu du XIXe siècle, en recouvrant de plomb du chêne.

En 1871, peu après cette restauration, la Commune manque d’anéantir l’édifice. Quelques bancs et chaises furent utilisés par des émeutiers pour y mettre le feu. L’incendie fut vite maîtrisé et les dégâts restent alors très légers.

Alors que "le risque n°1 pour les cathédrales, c'est la guerre", explique ce lundi soir sur notre antenne l'historien des religions Odon Vallet, la cathédrale traversa également les deux guerres mondiales sans subir aucun dégât d’ampleur, à la différence d'autres monuments comme la cathédrale de Reims qui a subit une destruction très importante pendant la Grande guerre, avant d'être reconstruite.

Une réchappée

En échappant aux guerres, et jusqu'ici aux incendies, la cathédrale de Notre-Dame est une "miraculée" par rapport aux autres bâtiments religieux. "Avant l'invention du paratonnerre par Benjamin Franklin (en 1752), des milliers d'églises brûlaient, certaines deux à trois fois par siècle", rappelle sur BFMTV Odon Vallet, pour qui "l'avenir est à la reconstruction. C'est terrible bien sûr, mais comme on a rebâti Notre-Dame de Reims on rebâtira Notre-Dame, même si ça prendra 20 ou 30 ans". 

Anne-Katell Mousset