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Nice: un enfant de 11 ans meurt après le "jeu du déodorant"

L'enfant n'a pas pu être réanimé par les secours (photo d'illustration)

L'enfant n'a pas pu être réanimé par les secours (photo d'illustration) - Valery Hache - AFP

Un enfant de 11 ans est mort, jeudi soir, dans le parking souterrain d'un supermarché de Nice, probablement après avoir inhalé du déodorant.
Ce genre de pratique "très dangereuse" qui provoque des effets similaires "au jeu du foulard" est prisée chez certains adolescents et a déjà fait des victimes en France. Explications.

C'est un jeu extrêmement dangereux qui a conduit à la mort d'un petit garçon de 11 ans, jeudi, à Nice, dans le parking souterrain d'un supermarché. Les secours, alertés vers 21 heures par des adolescents du quartier, n'ont rien pu faire pour le ranimer. Jointe par BFMTV.com, une source policière a indiqué que le parquet de Nice avait ouvert une enquête sur sa mort.

Selon les premiers éléments, le garçon se trouvait avec des camarades dans ce parking souterrain, où ils s'amusaient à "inhaler le gaz d'un aérosol, probablement un déodorant, à l'aide d'un chiffon", selon une source proche du dossier. Un comportement qui aurait été fatal à l'enfant, dont le corps ne présentait aucune blessure apparente.

"Ils inspirent le gaz de l'aérosol"

Ce jeu dangereux est bien connu de l'association de parents d'enfants accidentés par strangulation, qui mène un travail de prévention dans la France entière auprès des adolescents pour les sensibiliser aux risques de ces pratiques, dont la plus connue est "le jeu du foulard". Les effets provoqués sont très souvent les mêmes: hallucinations et perte de conscience parfois fatale. "Mais tant qu'on ne leur explique pas qu'ils risquent la mort, les ados pensent qu'il s'agit d'une simple expérience", explique à BFMTV.com Françoise Cochet, présidente de l'association.

Dans ce cas précis, "les ados mettent une serviette devant la bouche et le nez, et inspirent le gaz qui sort de la bombe aérosol", indique Françoise Cochet.

"L'isobutane prend alors la place de l'oxygène dans le sang, et le cerveau tombe en anoxie. Cela signifie qu'il n'est plus alimenté en oxygène. Il ordonne au coeur de ralentir les battements, ce qui peut conduire à un malaise, voire parfois à un arrêt cardiaque. Les conséquences d'un tel arrêt? Un handicap à vie, voire la mort."

"Il faut expliquer aux adolescents ce qu'ils risquent"

Le travail de prévention mené dans les écoles par cette association et par certaines brigades de prévention de la délinquance juvénile a permis de faire reculer ce phénomène, dont la plus jeune victime connue avait 4 ans et demi. "Nous avons recensé 25 victimes de ces jeux de strangulation en 2011, contre seulement 2 l'an dernier", se félicite Françoise Cochet, qui reste cependant prudente sur la signification à donner à cette baisse. "Cela ne veut pas dire que le phénomène a presque disparu. Parfois, certains cas sont classés comme des suicides par la justice."

Ces interventions en milieu scolaire restent néanmoins "essentielles", selon Huguette Quelen, gestionnaire de l'association, interrogée par BFMTV.com. "Nous rencontrons parfois des blocages auprès d'écoles qui craignent que nos explications suscitent l'envie chez certains enfants de passer à l'acte et de tester ces jeux. Mais en réalité, l'effet est inverse: plus l'on explique aux adolescents ce qu'ils risquent en s'adonnant à ces expériences, plus ils en sont dissuadés et réalisent qu'ils peuvent devenir handicapés, voire mourir. Et que ce n'est pas juste un interdit d'adultes."

ces autres "jeux" qui peuvent conduire à la mort

Le jeu de la tomate: les enfants coincent la carotide d'un autre enfant jusqu'à ce qu'il devienne rouge et perde parfois conscience.

Les apnées: les enfants s'amusent à rester le plus longtemps possible sous l'eau. Récemment, un garçon de 11 ans est décédé après avoir passé plusieurs mois dans le coma, à la suite d'une apnée qui avait entraîné un arrêt cardiaque.

Le jeu du mur: les enfants plaquent un autre enfant contre un mur et appuient sur son sternum jusqu'à parfois lui faire perdre conscience.

  • Le jeu du sac plastique: les enfants tentent de tenir le plus longtemps possible la tête dans un sac.