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Mort dans l'Aisne: les chiens de chasse à courre incapables d'attaquer les humains?

Les éleveurs de chiens de chasse à courre continuent de rejeter les accusations qui pèsent sur eux depuis la mort d'Elisa Pilarski. Ils assurent que leurs animaux sont dressés pour ne pas s'attaquer à l'Homme.

Après la mort d'Elisa Pilarski dans l'Aisne - dont l'autopsie a confirmé qu'elle était due à de multiples morsures de chiens -, la chasse à courre est de nouveau pointée du doigt. La jeune femme, qui était alors enceinte de six mois, se promenait en effet dans une forêt où avait lieu une chasse à courre lorsqu'elle a été attaquée.

Pour tenter d'éclaircir les causes exactes de sa mort, des prélèvements ont été réalisés sur 67 chiens: les cinq que possédaient Elisa et son compagnon, ainsi que les 62 chiens de l'association "le Rallye de la Passion" qui participaient à la chasse samedi dans la forêt de Retz.

"Même un sanglier blessé, ils n'y touchent pas"

En attendant le résultats des tests génétiques, les amateurs de chasse à courre rejettent en bloc les accusations qui pèsent sur eux depuis samedi dernier, et assurant que leurs chiens sont dressés pour ne pas attaquer les humains.

"Le principe de la chasse à courre, c'est de suivre le même chevreuil en permanence", assure sur BFMTV Thomas Petit, agriculteur et propriétaire d'une meute de chiens. Ce qu'il ne faut pas, c'est qu'ils changent de chevreuil. Et s'ils font l'erreur, on leur dit, et ils arrêtent automatiquement de chasser."

Le dressage débute dès le plus jeune âge, et les chiens peuvent commencer à travailler avec la meute aux alentours de 15 mois. Les animaux de Thomas Petit participent à environ deux chasses à courre par semaine, et sont donc logiquement habitués aux promeneurs. L'éleveur insiste qu'il n'a jamais assisté à un incident, aussi bien entre les chiens qu'avec des humains.

"On a des voitures qui suivent avec des gyrophares, on met des panneaux 'Attention, chasse en cours'. Même un sanglier blessé, ils n'y touchent pas. Donc un humain blessé, encore moins", selon lui.

La meute de chasse innocente, selon la société de vénerie

Pour l'heure, les chasseurs assurent qu'aucun de ses 62 chiens ne présente de trace de morsure. Or, Elisa Pilarski "promenait son chien Curtis, un American Staff, un chien de combat (...), dont on ne peut imaginer qu'il ait laissé sa maîtresse se faire dévorer sans la défendre!", a déclaré à l'Agence France-Presse (AFP) Antoine Gallon, directeur de la communication de la société de vénerie, qui fédère toutes les associations de chasse à courre en France.

Mais en attendant le résultat des analyses génétiques effectuées sur les chiens, les enquêteurs étudient toujours l'hypothèse d'une attaque par la meute participant à la chasse à courre samedi.

Autre possibilité, Elisa Pilarski aurait pu être attaquée par un ou plusieurs chiens errants. Entre 13 heures et 13h30, elle aurait contacté son compagnon pour "lui signaler la présence de chiens menaçants" et lui demander de rentrer au plus vite. On ne sait pas si la jeune femme faisait référence aux chiens de chasse ou à d'autres, qui restent encore introuvables.

Dernière hypothèse, Elisa Pilarski aurait pu être mordue et tuée par son propre chien, Curtis, qu'elle promenait. Mais ce dernier présentait des traces de morsure d'autres canidés, ce qui encourage les enquêteurs à se tourner vers les deux premières hypothèses.

Juliette Mitoyen