BFMTV

Moratoire sur la hausse du carburant: ce n'est qu'une "cacahuète" selon les gilets jaunes  

Laëtitia Dewalle, l'une des porte-parole des "gilets jaunes libres", sur BFMTV le 4 décembre 2018.

Laëtitia Dewalle, l'une des porte-parole des "gilets jaunes libres", sur BFMTV le 4 décembre 2018. - BFMTV

Trois semaines après le début de la mobilisation des gilets jaunes, le Premier ministre va annoncer ce mardi un moratoire sur la hausse de la taxe des carburants, afin de tenter d'apaiser la crise. Mais avant même l'annonce officiel, les gilets jaunes font savoir leur déconvenue.

La mesure n'a même pas encore été officiellement annoncée qu'ils la jugent insuffisante. Alors que le Premier ministre Edouard Philippe annoncera dans la journée un moratoire sur la hausse de la taxe des carburants prévue en janvier, afin d'apaiser la crise commencée il y a trois semaines, des représentants des gilets jaunes ont d'ores et déjà expliqué, sur BFMTV, qu'ils attendent plus du gouvernement. 

"On attend des gestes plus concrets"

Concrètement, le chef du gouvernement, qui doit faire l'annonce de ce moratoire ce mardi devant les députés LaREM, devrait annoncer une suspension de plusieurs mois, qui serait assortie d'autres mesures d'apaisement. 

Pour les gilets jaunes, cette première réponse ne doit constituer qu'un début. "C'est un préalable, maintenant on attend la suite pour savoir concrètement ce qu'il va se passer", a réagi sur notre antenne Laëtitia Dewalle, l'une des porte-parole des "gilets jaunes libres".

"La revendication par rapport à la hausse du carburant était l'une des nôtres lorsque tout s'est lancé au mois d'octobre, mais les choses ont beaucoup évolué aussi de notre côté. Les revendications sont devenues beaucoup plus larges. On attend des gestes un peu plus concrets que simplement la hausse du carburant maintenant que tout s'est cristallisé au niveau de la frustration des Français", a-t-elle fait valoir.

"De la cacahuète"

Même discours du côté de Christophe Chalençon, également porte-parole des "gilets jaunes libres", qui a dénoncé une mesure "cacahuète".

"Ca c'est de la cacahuète. Aujourd'hui, vous avez des gens qui sont sur les ronds points depuis trois semaines. C'est pas avec quelque chose que l'on ne maîtrise pas que l'on va faire rentrer les gens chez eux", a expliqué le représentant du Vaucluse.

"Aujourd'hui, il y a une défiance envers le pouvoir politique. Nous attendons un geste fort, c’est-à-dire d'avoir des représentants au niveau du gouvernement qui soient directement à notre image", a-t-il ajouté. "Il faut arrêter avec ces énarques que l'on change comme des pions. Ils nous ont amené à ce conflit. Il faut un geste très fort, et le Smic, il le faut de suite. Le pouvoir d'achat, ce n'est pas dans trois mois que les gens le souhaitent", a-t-il martelé. 

"Un pas de fourmi"

"Le moratoire est un pas de fourmi par rapport à toutes les revendications qui sont posées. La hausse du carburant c'est bien gentil, mais ce n'est pas tout. Le dialogue a été instigué, maintenant lancez les choses pour de vrai, plus qu'un moratoire sur le carburant, qui est une cacahuète comme le dit mon collègue", a surenchéri Laëtitia Dewalle, s'adressant directement à l'exécutif. 

Il y a exactement une semaine, le 27 novembre, des gilets jaunes n'avaient pas attendu beaucoup plus longtemps pour faire savoir leur insatisfaction après le discours d'Emmanuel Macron sur sa stratégie en matière énergétique, estimant que le chef de l'Etat n'avait "pas répondu aux attentes"

Adrienne Sigel