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Gilets jaunes: les figures qui émergent

Laëtitia Dewalle

Laëtitia Dewalle - BFMTV

Les "gilets jaunes" font leur vie loin des syndicats et des partis politiques. Par conséquent, ce mouvement qui fait la part belle à la société civile n'a pas de leader clairement identifié. Pour autant, des figures prennent de plus en plus d'importance.

La semaine dernière, les "gilets jaunes", qui ne relèvent ni d'un parti ni d'un syndicat, paraissaient manquer d'organisations et de leaders, et voilà qu'ils semblent en proposer plusieurs. Depuis les origines du mouvement, et au cours des mobilisations et blocages de ces derniers jours, les Français ont appris à connaître quelques nouvelles têtes, autant de porte-paroles de cette manifestation d'un genre inédit. 

Laëtitia Dewalle: des blocages au référendum 

Laëtitia Dewalle, qui représente les "gilets jaunes" dans le Val-d'Oise, est de plus en plus présente. Ce lundi matin, elle est intervenue à la télévision pour évoquer les blocages. Présentée par Le Parisien comme autoentrepreneuse, âgée de 37 ans, et mère de trois enfants, elle a interpellé directement Emmanuel Macron sur notre antenne. Pour elle, qui n'hésite pas à donner une tournure directement politique à son discours, c'est la légitimité même de son pouvoir qui est en jeu. 

"Nous n’avons plus qu’une seule revendication : il s’agit de mettre en place un référendum afin que monsieur Macron, qui fait si souvent référence au président Charles de Gaulle, ait le même courage que lui et remette sa légitimité entre les mains du peuple", a-t-elle dit. 

Laëtitia Dewalle.
Laëtitia Dewalle. © BFMTV

Priscillia Ludosky pense aux urnes 

Priscillia Ludosky, qui gagne sa vie en vendant des produits cosmétiques en ligne, a peut-être été la première à incarner le ras-le-bol. Le 29 mai, cette jeune femme de 33 ans avait rédigé une pétition contre la hausse de la taxation sur le carburant et l'avait postée en ligne. Aujourd'hui, le texte s'est attiré près d'un million de signatures. S'exprimant auprès de la revue Regards, il y a quelques jours, elle a aussi emprunté une voie politique. Tout en posant que "l’objectif n’(était) pas de bloquer le pays mais d’augmenter le volume et de se faire entendre", elle a réclamé une entrevue à l'Elysée pour les "gilets jaunes": "J’espère que le gouvernement nous recevra pour pouvoir au moins échanger sur le sujet."

Elle est allée plus loin encore sur le terrain de l'engagement, suggérant une prolongation électorale du mouvement:

  • "L’idée c’est qu’on ait une voix citoyenne qui compte. Si on a possibilité de faire en sorte qu’elle ait un vrai rôle au sein des assemblées, ça serait très bien."
Priscillia Ludosky
Priscillia Ludosky © BFMTV

Jacline Mouraud, l'incontournable 

Ce n'est pas une pétition mais une vidéo qui a fait de Jacline Mouraud un personnage incontournable de la protestation. 51 ans, hypnothérapeute, mère de trois enfants, elle avait ainsi questionné le gouvernement sur sa gestion "du pognon des Français".

La Morbihannaise rêve aujourd'hui de faire des "gilets jaunes" le "plus grand parti de France, le parti du peuple". 

Enfin, alors qu'une manifestante a été tuée ce samedi en Savoie après avoir été percutée par une automobiliste, elle a jugé le gouvernement "responsable" du drame. 

Jacline Mouraud
Jacline Mouraud © Capture d'écran

Christophe Chalençon veut l'union des porte-paroles 

Dans le sud-est également, on s'est trouvé un leader. Christophe Chalençon, quinquagénaire portraituré notamment par le journal de 20h de France 2 dimanche, forgeron de son état, endosse le rôle dans le Vaucluse.

Notant justement que le mouvement pouvait compter sur des voix de plus en plus nombreuses dans les médias, il a dit son souhait de les voir se fédérer, "se réunir pour porter le même fer". 

Christophe Chalençon
Christophe Chalençon © BFMTV

Benjamin Cauchy: l'heure de la France périphérique 

Benjamin Cauchy a 38 ans et il est manager commercial à Toulouse. C'est lui qui a annoncé ce lundi matin qu'une "dizaine" de sites étaient bloqués par les "gilets jaunes" sur RMC. En revanche, il ne politise pas sa parole et préfère mettre en avant l'urgence sociale avivant le mouvement. "Ce n’est pas une contestation de gauche ou une contestation de droite", a-t-il assuré sur notre chaîne dimanche soir. "C’est une contestation de France des territoires, des territoires ruraux, de la France périphérique. C’est elle qui souffre et elle n’est pas de gauche, elle n’est pas de droite, elle est en train de galérer et donc elle s’exprime dans la rue."

Il a également résumé les objectifs de ses camarades:

  • "Le gouvernement nous entend d’une seule oreille mais il ne nous écoute pas. On veut la suspension de ce supplément de taxes sur les carburants, un moratoire sur la fiscalité qui nous permettrait à budget constant, de voir où on peut trouver de nouvelles recettes qui n’empiètent pas sur un pouvoir d’achat suffisamment érodé dans le portefeuille des Français. On veut une revalorisation du SMIC". 
Benjamin Cauchy
Benjamin Cauchy © RMC
Robin Verner