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Menacés, plusieurs "gilets jaunes libres" ne voulaient déjà plus se rendre à Matignon

Jacline Mouraud, l'une des porte-paroles des "gilets jaunes libres", le 13 novembre 2018.

Jacline Mouraud, l'une des porte-paroles des "gilets jaunes libres", le 13 novembre 2018. - Damien Meyer - AFP

Messages sur Internet, appels masqués, menaces contre leurs enfants... Des porte-paroles des "gilets jaunes libres" - qui appellent au dialogue - avaient pris avant l'annulation de la rencontre la décision de ne pas se rendre à Matignon ce mardi, pour des raisons de sécurité.

Tôt ce mardi matin, Matignon a confirmé l'annulation de la réunion prévue entre le Premier ministre et plusieurs représentants des gilets jaunes. Comme pour la rencontre prévue la semaine dernière, la plupart des invités se sont désistés avant l'heure.

La sécurité est une des raisons avancées par certains participants comme Benjamin Cauchy, l'un des porte-paroles des "gilets jaunes libres", qui a reçu des menaces quotidiennes sur Internet et sur son téléphone.

"Ils menacent de bloquer les alentours de Matignon, donc l'ordre public ne permet pas aujourd'hui un dialogue serein avec les pouvoirs publics", estimait-il hier à notre micro.

"Nous avons tous été menacés, notamment nos enfants", confirmait de son côté à BFMTV Jacline Mouraud, l'une des figures du mouvement et également membre des "gilets jaunes libres". Depuis la publication d'une tribune dimanche dernier dans le JDD où ils se font les "porte-parole d'une colère constructive" et appellent au dialogue avec le gouvernement, les "gilets jaunes libres" assurent recevoir de plus en plus de menaces de mort.

"Tous pour aller chercher la Jacline chez elle"

"On est visé par des espèces de gamins anarchistes qui sont manipulés. On reçoit des appels en pleine nuit, des menaces comme 'on a ton adresse, t'en as plus pour longtemps'", détaillait hier à l'AFP Jacline Mouraud.

"Il y a des appels masqués évidemment, mais ça fait longtemps que j'en ai, du style 'Tous pour aller chercher la Jacline chez elle'", poursuivait sur notre antenne la Bretonne, qui dit avoir déjà déposé six plaintes à la gendarmerie.

"Un groupe impose sa petite dictature et tous les autres obéissent. Il est hors de question que je cautionne des gamins irresponsables qui appellent à tout casser encore une fois à Paris", assurait encore à l'AFP Jacline Mouraud. "J'ai une question à poser aux gilets jaunes: vous voulez quoi maintenant? Vous voulez que quelques anarchistes retournent le pays?"

De son côté, Christophe Chalençon, un autre porte-parole des "gilets jaunes libres", avait lui aussi indiqué recevoir des menaces mais manifestait toujours son intention d'être reçu à Matignon afin de demander la démission du gouvernement. 

Liv Audigane avec AFP