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Marseille : 250 plaintes contre le dentiste à la cadence infernale

Le dentiste aurait volontairement abimé des dents pour pouvoir les réparer.

Le dentiste aurait volontairement abimé des dents pour pouvoir les réparer. - -

A Marseille, un dentiste est poursuivi pour escroquerie et violences volontaires ayant entraîné une mutilation. Les patients passaient à la chaîne dans son cabinet et se voyait prodiguer des « soins » dont ils n’avaient pas besoin.

Le dentiste avait tendance à avoir la main un peu lourde. A Marseille, un praticien est poursuivi par 250 plaintes de patients qui affirment avoir été mutilés. Ce dentiste aurait pratiqué des interventions inutiles sur des patients, dégradant délibérément leurs dents pour justifier la pose de coûteuses prothèses dentaires. Certains patients ont même eu toutes leurs dents arrachées ou dévitalisées alors qu'elles étaient saines, et le dentiste présentait également de fausses factures aux mutuelles et à l’assurance maladie.

18 couronnes par patient, 70 patients par jour

Une moyenne de 18 couronnes par patient, et jusqu’à 70 patients par jour. Cette cadence infernale lui a permis de devenir le dentiste le plus rapide et le mieux payé de France avec 3 millions d’euros d’honoraires perçus en 2010. Installé au cœur des quartiers nord, son succès reposait notamment sur les facilités de paiement qu’il accordait à une clientèle modeste et influençable. En étudiant les dossiers, les experts ont relevé 250 anomalies commises sur une trentaine de patients, principalement couronnes ou bridges mal posés alors que ce n’était pas nécessaire, entraînant encore aujourd’hui des souffrances et nécessitant de nouveaux soins dans un domaine plutôt mal remboursé par la sécurité sociale. Le dentiste, mis en examen en novembre 2012 pour « violences volontaires ayant entraîné une mutilation », ainsi qu'« escroquerie » au préjudice de la Sécu est suspendu d’exercer depuis.

« Je me suis retrouvée avec 11 dents en métal »

Parmi ses victimes présumées, Myriam, 21 ans, avait 16 ans la première fois qu’elle l’a consulté. « Il me manquait des dents, il m’a dit de compléter les trous avec un bridge de trois dents… et je me suis retrouvée avec 11 dents en métal. Je suis rentrée chez moi, je me suis regardée dans le miroir, c’était impossible de rester comme ça. Même chez moi, mes sœurs se moquaient de moi, m’appelaient "mâchoire en fer". Trois ans après, je suis allée chez une autre dentiste, elle m’a dit que c’était un vrai carnage, que c’était n’importe quoi. Les dents étaient devenues tellement fines qu’elles me déchiraient la gencive du dessus. Je les ai faites l’année dernière, elles n’arrêtent pas de tomber car il m’a taillé les gencives trop petites. Je suis obligé d’aller tout le temps les faire recoller ».

M. Chaillot avec Lionel Dian