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Manque de lits, de personnel et de moyens: les pédiatres dénoncent une crise qui met en danger les enfants 

2000 professionnels de la pédiatre ont signé une tribune pour dénoncer les risques que la crise de l'hôpital fait courir à la prise en charge des enfants.

2000 professionnels de la pédiatre ont signé une tribune pour dénoncer les risques que la crise de l'hôpital fait courir à la prise en charge des enfants. - Loïc Venance - BFMTV

Parmi les soignants qui se joignent à la mobilisation hospitalière ce jeudi, les pédiatres dénoncent les dangers de cette crise interne sur la santé des enfants. En raison du manque de moyens, les petits seraient moins bien pris en charge.

Alors que la grève fait rage aux urgences depuis plus de huit mois, les autres services des hôpitaux publics rejoignent le mouvement. A bout de souffle, ils s’unissent ce jeudi, battant ensemble le pavé parisien à l’occasion d’une grande manifestation pour obtenir davantage de moyens et d'effectifs. Dans leurs rangs, les pédiatres et soignants spécialistes de l’enfant, qui alertent sur les dangers pesant sur les tous petits en raison de cette crise intrinsèque.

Ce marasme fait courir le risque aux enfants d’être "moins bien soignés voire d’être mis en danger par l’insuffisance des moyens", préviennent 2000 pédiatres dans une tribune publiée dans Le Parisien.

Ils dénoncent des conditions de soins délétères qu’ils assimilent à une "médecine de guerre". Ce constat n’est pas nouveau, au mois d’octobre ils s’alarmaient déjà d’une "crise sanitaire" due au manque d'internes de médecine générale. "A la suite d'ouvertures de postes décidées sans concertation avec les représentants des services de pédiatrie d'Ile-de-France, la répartition des internes de médecine générale dans les différents services de pédiatrie de la région s'est faite sans tenir compte des besoins des hôpitaux, notamment ceux les plus éloignés du centre de Paris", expliquaient-ils alors dans un communiqué.

"Plaie béante"

Un mois plus tard, la "désertification des ressources médicales et paramédicales" s’est aggravée, dénoncent-ils dans leur tribune. "Cela se traduit par des centaines de lits fermés en pédiatrie". Par conséquent, les spécialistes de l’enfant doivent choisir quel patient "hospitaliser en priorité, quelle chirurgie pourtant indispensable différer pour prendre en charge une urgence vitale", poursuivent les signataires de la tribune.

L'Agence régionale de Santé (ARS) d'Ile-de-France a reconnu que cette situation de crise pouvait "conduire à des tensions fortes dans certains services déjà largement sollicités", promettant de mettre tout en œuvre "pour assurer la meilleure couverture de soins pédiatriques". De leur côté, les spécialistes de l’enfant affirment que leurs "tutelles sont restées sourdes à [leurs] alertes répétées, proposant de simples pansements sur des plaies béantes". Les soignants attendent des "moyens financiers et humains" conséquents ainsi que "la reconnaissance de l’expertise" de leurs équipes.

Ambre Lepoivre