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SOS médecins rejoint la grève, mais assurera un "service minimum"

Un médecin portant un sticker "Médecins généralistes en grève", le 23 décembre 2014 à Paris.

Un médecin portant un sticker "Médecins généralistes en grève", le 23 décembre 2014 à Paris. - Kenzo Tribouillard - AFP

VIDEO - SOS Médecins participera au mouvement de grève des médecins libéraux à compter de lundi 8 heures jusqu'à mercredi. Mais le ministère de la Santé dépeint une "situation stable et sous contrôle".

L'association SOS Médecins rejoint lundi le mouvement de grogne du monde médical mais toutes ses structures sont réquisitionnées pour faire face aux risques de pénurie et à l'afflux de patients aux urgences, a indiqué dimanche son président.

SOS Médecins participe à compter de lundi 8 heures jusqu'à mercredi au mouvement d'interruption d'activité des médecins libéraux lancé jusqu'au 31 décembre et dont le taux de participation "restera très élevé" dans les jours à venir, de l'ordre de 80%, selon le principal syndicat de médecins libéraux, la CSMF.

D'ores et déjà, les réquisitions des quelque 1.000 médecins de l'association qui ne couvraient que des périodes de nuit (20 heures-8 heures), ont été étendues, explique son président Dominique Ringard. "Heureusement que nous n'avons pas de grippe, sinon nous aurions explosé. Les fins d'année sont une période hyper chargée d'habitude", a-t-il commenté.

Les structures de SOS Médecins réquisitionnées

"Les 64 structures sont réquisitionnées: certaines en journée et la nuit, d'autres que la nuit. A Sens dans l'Yonne, SOS Médecins a été réquisitionné du 23 décembre au 6 janvier", indique-t-il.

"On est réquisitionné à tour de bras. Les urgences sont, malgré ce que dit la ministre Marisol Touraine, hyper débordées" comme "à Doullens (Somme) où elles ont doublé leur activité" et "sont en saturation" ou à Beauvais où le SAMU "a failli exploser samedi midi", alors que l'ensemble des services d'urgence de l'Oise étaient "au bord du gouffre". "On croule sous les appels, par exemple à Amiens le lendemain de Noël on a eu 570 appels, on a vu 400 patients", assure le président de SOS Médecins.

"Qu'on nous laisse travailler H 24"

Comme les médecins libéraux, l'association est opposée à la généralisation du tiers payant, un dispositif prévu par le projet de loi santé qui est "matériellement hyper compliqué". L'association fustige surtout un projet de texte qui "aggrave encore" les choses" en renforçant les "pouvoirs déjà énormes" accordés aux directeurs des agences régionales de santé.

Actuellement, en Nord-Pas-de-Calais et Lorraine, "les directeurs d'ARS ont décidé qu'il n'y avait plus besoin de médecin libéral entre minuit et 8 heures, et que les gens devaient se rendre aux urgences. Donc pour un gamin qui a une otite à 2 heures du matin, il faudra aller attendre 4-5 heures aux urgences. Cette politique locale va contribuer à engorger encore plus les urgences pour n'importe quoi, et tout ça à des coûts exorbitants", déplore le médecin.

"Dévalorisation du système libéral"

"Qu'on nous laisse travailler H 24 comme on le fait depuis 48 ans maintenant, y compris la nuit profonde: il y a des enfants à voir, des personnes âgées qui ont besoin de nous à leur chevet", plaide le Dr Ringard.

Le Docteur Serge Smadja, le secrétaire général de SOS médecins France, était l'invité de BFMTV dimanche soir pour expliquer les motivations du mouvement. "Nous partageons la plupart des revendications des syndicaux médicaux mais nous avons nos spécificités. Tout cela s'inscrit, de manière générale, dans ce processus de dévalorisation du système libéral. Il y a des dispositions dans ce projet de loi de santé qui nient l'existence du monde libéral", a-t-il expliqué. .

V.R. avec AFP