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Rassemblement en Bretagne: le manifestant blessé appelle au calme

Mickael Cueff, blessé samedi dernier en Bretagne.

Mickael Cueff, blessé samedi dernier en Bretagne. - -

Plusieurs milliers de personnes coiffées de bonnets rouges sont attendues samedi à Quimper lors d'un rassemblement pour l'emploi en Bretagne. De nombreux appels au calme ont été lancés.

Une semaine après la manifestation contre l'écotaxe à Pont-de-Buis, dans le Finistère, qui a dégénéré en violents affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, les appels au calme se sont succédés et plusieurs organisations, notamment syndicales, se sont désolidarisées de l'appel à manifester vendredi.

Sur BFMTV, Mickael Cueff, 32 ans, père de famille blessé gravement à la main samedi dernier lors de la précédente manifestation, a tenu à appeler à la retenue les manifestants comme les forces de l'ordre, bonnet rouge vissé sur le crâne.

"Il y en a eu assez avec moi et puis les autres, il faut que ça s'arrête. Je ne veux pas voir d'autres accidents comme moi, et d'autres projectiles comme ça lancés, qui ne sont pas du tout adaptés" déplore le jeune homme. Ce jour-là, pour protester contre l'écotaxe, il avait ramassé une grenade lancée par les CRS. L'engin avait explosé, lui arrachant la main droite. Il a dû être amputé.

Ayrault dénonce une "spirale de la violence"

Par précaution, la mairie de Quimper a ordonné le démontage du mobilier urbain et la préfecture a interdit l'accès au centre-ville aux tracteurs. L'association locale de commerçants Les Vitrines a pour sa part demandé à ses membres de baisser les rideaux durant une heure samedi en soutien à la manifestation.

Les organisateurs -des groupements professionnels, le maire DVG de Carhaix, Christian Troadec, et le syndicat FO -ont toutefois assuré que le rassemblement, qui débutera à 15 heures, se déroulerait dans le calme. "Nous souhaitons une manifestation dans la dignité et le calme, une manifestation populaire et respecteuse de chacun pour une nouvelle régionalisation qui permette à la Bretagne de prendre son destin en main", a déclaré Christian Troadec.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a néanmoins mis en garde vendredi contre toute "spirale de la violence" en Bretagne. "On ne peut pas construire si on s'engage dans une espèce de spirale de la violence", a-t-il averti en marge d'un déplacement à Moscou, soulignant qu'"on ne résoudra pas le problème des Bretons autrement que par le dialogue.

Un autre appel à manifester à Carhaix

La ministre de la Réforme de l'Etat Marylise Lebranchu a évoqué vendredi la présence sur place de militants extrémistes, citant notamment des "groupes (anti-)mariage pour tous". Selon le préfet du Finistère, Jean-Luc Videlaine, la manifestation risque notamment d'être émaillée de rixes entre groupuscules d'extrême-droite et d'extrême-gauche.

Un "important dispositif" de police et de gendarmerie est prévu. Toutefois, plusieurs organisations syndicales se sont désolidarisées de l'appel à manifester à Quimper, la CGT, Solidaires et FSU appelant à leur propre rassemblement à Carhaix.

Très dégradé en raison notamment de la crise de l'agroalimentaire, le climat social en Bretagne s'est cependant un peu plus assombri jeudi avec l'annonce par le volailler Tilly-Sabco de son intention de suspendre à partir de janvier sa production de poulets pour l'export, avec à la clé selon lui un nouveau millier d'emplois menacés "à très court terme".

A. G. avec AFP