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Manif anti-mariage homo: les débordements orchestrés par des extrémistes?

Des gendarmes tentant de contenir des manifestants près de la place de l'Etoile, dimanche.

Des gendarmes tentant de contenir des manifestants près de la place de l'Etoile, dimanche. - -

Les organisateurs de la manifestation dimanche affirment que les débordements étaient spontanés. Pourtant, des mails et des messages sur le net prouvent le contraire.

Que s'est-il vraiment passé dimanche? Il semblerait qu'une petite minorité agissant au sein de la "Manif pour tous" ait tenté de déborder le parcours et de gagner les Champs-Elysées, pourtant interdits d'accès. Leur but: lancer un "printemps français", en écho aux printemps arabes, qui devait forcer le gouvernement à abandonner la loi sur le mariage entre personnes de même sexe.

Alexandre Gabriac, conseiller régional d'extrême-droite, faisait partie du cortège lorsque les échauffourées ont éclaté. "Ce n'était pas à Valls, à Taubira ou au préfet de décider si nous pouvions manifester ou non, et où nous pouvions manifester. Nous, nous voulions imposer l'adage qui veut que nous soyons maîtres chez nous. Par conséquent nous avons tenté de passer", reconnaît l'élu politique.

L'homme, exclu en 2011 du Front national à cause d'une photo où il fait le salut nazi, parle d'un mouvement spontané. Pourtant depuis plusieurs semaines, sur Internet, des appels étaient lancés par différents groupes pour mener ce dimanche une action d’ampleur.

"On ne vient pas pour manifester, on vient pour occuper"

Sur la page Facebook "Un printemps français", on pouvait lire: "Ce 24 mars, on ne vient pas seulement pour manifester, on vient pour occuper." Plus accablant: il y a quelques jours, un mail avait été envoyé à des manifestants avec un seul mot d’ordre, gagner les Champs-Elysées par tous les moyens. "Passez le mot d'ordre aux manifestants: arrivez de tous les côtés, par où vous semble bon, par où vous pourrez [...]. Les forces de l'ordre seront prises en étau. Elles n'auront pas les effectifs nécessaires pour faire double front, ce sera inutile. Elles seront forcément débordées."

Preuve qu’une action avait bien été planifiée par une minorité violente. En fin de journée, la police a emmené près d'une centaine d'irréductibles qui voulaient s'installer sur les Champs-Elysées. Un seul sera jugé pour des violences en marge de la manifestation.


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Thomas de Rochechouart et Olivier Jouglard