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Les professeurs des écoles en grève jeudi

Moins de six instituteurs sur dix devraient faire classe jeudi, alors que le principal syndicat appelle à la grève pour un assouplissement de la réforme des rythmes scolaires.

Moins de six instituteurs sur dix devraient faire classe jeudi, alors que le principal syndicat appelle à la grève pour un assouplissement de la réforme des rythmes scolaires. - -

La réforme des rythmes scolaires cristallise une fois de plus les inquiétudes et les mécontentements. Les instituteurs et personnels municipaux sont appelés à faire grève dans 77 départements, jeudi.

La mobilisation s'annonce importante. Pour protester contre la réforme des rythmes scolaires, quatre instituteurs sur dix feront grève jeudi dans 77 départements. L'appel a été lancé par le premier syndicat des enseignants du primaire, SNUipp-FSU.

A Paris, le syndicat annonce "plus de 30% de grévistes et au moins 40 écoles fermées". Une manifestation est prévue à partir de 14 heures depuis le jardin du Luxembourg.

De son côté, le ministère de l'Education prévoit moitié moins de grévistes au niveau national (21,35%) et 22% à Paris.

Des revendications pour le moins contrastées

Le SNUipp-FSU réclame une réécriture du décret sur les rythmes pour l'assouplir. Mi-novembre, une quarantaine de ses sections départementales avaient déjà fait grève. Son appel intervient après le lancement de discussions entre le ministère et les syndicats sur treize dossiers, dont l'évolution du métier d'enseignant, les directeurs d'école ou les Rased - réseaux d'aide aux enfants en difficulté.

FO, CGT et Sud ont aussi appelé les professeurs des écoles et des personnels municipaux (animateurs, Atsem...) à la grève jeudi, demandant l'abandon de la réforme des rythmes.

La Peep, deuxième fédération de parents, classée à droite, a appelé les parents à manifester "aux côtés des enseignants", demandant "une grande concertation" sur les rythmes.

De son côté l'Unsa, deuxième fédération de l'éducation, favorable à la semaine de 4,5 jours, estime que cette grève nationale, qui "amalgame des revendications de toutes sortes", "n'est pas une réponse aux mécontentements légitimes individuels" à régler localement. "Pourquoi faire grève alors que les discussions s'ouvrent? Ça paraît curieux", estime Frédéric Sève, secrétaire général du Sgen-CFDT.

Une grève "pas juste" pour Peillon

"Je les comprends, les mouvements", a indiqué Vincent Peillon, mais cette grève, "pour critiquer ce qui serait fait sur l'école, n'est pas juste". Le ministre de l'Education a rappelé qu'il avait recréé une formation des enseignants, institué une indemnité pour les professeurs des écoles réclamée depuis 15 ans, lancé la refonte des programmes.

Trois mois après le retour à la semaine de 4,5 jours dans 17% des communes scolarisant 22% des écoliers du public (les autres embrayeront en septembre 2014), la mise en oeuvre de la réforme, destinée à mieux répartir les cours pour lutter contre le décrochage, reste contestée.

Quatre maires sur cinq ayant appliqué les nouveaux rythmes scolaires à la rentrée se disent satisfaits, mais une majorité se plaint de "la grande complexité" de la réforme et de son coût, selon une enquête de l'Association des maires de France (AMF). Jeudi, l'Assemblée nationale débattra d'une proposition de loi de l'UMP Xavier Bertrand visant à laisser aux maires "le libre choix" d'organiser le temps scolaire.

D. N. avec AFP