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Anti-mariage homo: Barjot "ne pense pas" aller manifester dimanche

Frigide Barjot, vendredi, face aux journalistes.

Frigide Barjot, vendredi, face aux journalistes. - -

Frigide Barjot a indiqué vendredi qu'elle ne pense pas "se rendre à la manif" dimanche contre le mariage gay, inquiète de menaces dont elle dit faire l'objet, tout en ajoutant que sa décision n'était pas "définitive".

Finalement, elle n'ira pas. La porte-parole de La Manif pour tous Virginie Tellenne, alias Frigide Barjot, a déclaré vendredi qu'elle ne pensait pas se rendre à la manifestation de dimanche contre le mariage homosexuel, tout en ajoutant que sa décision n'était pas "définitive".

"Je donne rendez-vous à tout le monde dimanche si on me laisse parler", a-t-elle dit. Mais "en l'état actuel des choses, je ne pense pas me rendre à la manif" prévue dimanche, a déclaré devant la presse l'égérie des opposants au mariage homosexuel, évoquant des "menaces".

"Aujourd'hui, je n'ai pas de garantie de ne pas être empêchée de parler, donc je ne veux pas semer le trouble", a ajouté Frigide Barjot, tout en remerçiant le ministre de l'Intérieur pour la protection dont elle fera l'objet si elle participe bel et bien à la manifestation de dimanche.

"Il y a des menaces très graves qui pèsent sur moi. C'est ma personne qui est aujourd'hui contestée", a-t-elle répété, précisant recevoir de la part de "gens violents" des SMS de menaces. "J'ai d'ailleurs depuis hier 16H00 deux gardes du corps", a-t-elle précisé.

Jeudi, sur BFMTV, Frigide Barjot a indiqué avoir reçu un mouchoir ensanglanté au courrier.

Un climat particulièrement tendu

Interrogée sur le fait que la manifestation des opposants à la loi ouvrant la possibilité de se marier aux couples de même sexe puisse être la dernière, Frigide Barjot a expliqué qu'"en tout cas, ce sera celle qui clôturera cette étape".

La loi est promulguée et les premières unions seront célébrées dans quelques jours, mais les adversaires du mariage homosexuel seront encore dans la rue dimanche, jour de la Fête des mères, pour exprimer leur opposition au texte.

La tension monte à deux jours de l'événement. Vendredi, Manuel Valls a mis en garde contre des provocations de l'extrême droite et de "groupes radicaux" qui auraient l'intention de "venir en nombre", "non pour manifester mais pour créer l'affrontement et le désordre et pour s'en prendre aux symboles de la République, une République qu'ils haïssent".

Le ministre de l'Intérieur a également expliqué vouloir "étudier" une dissolution du "Printemps français", une nébuleuse regroupant certains des opposants les plus radicaux à la loi validée par le Conseil constitutionnel et promulguée, et en conflit ouvert avec la Manif pour tous de Frigide Barjot.


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T.B. et A.G.