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Lyon: des sans-abri verbalisés pour non-respect des mesures de confinement, la préfecture ouvre une enquête interne

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Photo d'illustration - Philippe Desmazes - AFP

Plusieurs SDF expliquent au Samu social avoir reçu une amende pour ne pas avoir respecté les règles de confinement. De quoi déclencher l'ire des travailleurs sociaux.

"Ce soir, j'ai la rage, dénonce un travailleur social du 115 sur Facebook. On nous dit de rester confinés, mais quand on n’a pas de 'chez soi'? Que faire?" "Il y a des limites à l'indécence", déplore pour sa part Maud Bigot, responsable Samu social Alynea. Depuis le début du confinement, "quatre ou cinq" cas de verbalisations de sans-abri ont été recensés, indiquent nos confrères du Progrès.

De quoi déclencher l'ire des travailleurs sociaux. Interrogée par le quotidien régional, Maud Bigot précise avoir ce jeudi encore reçu un nouveau témoignage confirmant la verbalisation de personnes sans domicile fixe. "Il faut que le préfet fasse stopper cela", s'alarmait-t-elle en début d'après-midi. 

Le préfet, Pascal Mailhos, a réagi par la voie d'un communiqué: "Les faits relatés dans l’article de presse, s’ils étaient avérés, sont contraires aux instructions données aux forces de l’ordre". Il a par ailleurs demandé au Directeur départemental de la sécurité publique du Rhône de "diligenter une enquête interne pour faire toute la lumière sur cette affaire. Si d’éventuelles contraventions avaient été délivrées à des personnes sans domicile fixe, celles-ci seraient immédiatement annulées."

80 sites pré-identifiés pour accueillir les SDF

Depuis le début du confinement, "on n'a plus accès a rien du tout sur Lyon", témoignait mercredi Patrick, sans-abri, au micro de BFM Lyon. Seuls Les Restos du Cœur de Villeurbanne ont maintenu leurs portes ouvertes et continuent à servir des repas le soir. 

À l'échelle nationale, plus de 80 sites ont été pré-identifiés par les préfets, pour un total de 2875 places. Ils font l’objet d’une analyse approfondie, en lien avec la Direction générale de la cohésion sociale. L’accès à ces centres se fera sur avis médical.

Florian Bouhot